Après le très remarqué The Fox and the Bird en 2023, le groupe OK Goodnight revient avec stop/go, son troisième album, sorti le 12 juin 2026. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il confirme (et élève encore) le statut de l’un des groupes les plus excitants et originaux de la scène progressive actuelle.
Issu du vivier du Berklee College of Music (prestigieuse école de musique américaine située à Boston, mondialement réputée pour son enseignement du jazz et des musiques actuelles), le collectif mené par la charismatique Casey Lee Williams livre ici un disque de 10 titres qui maîtrise à la perfection l’art de mélanger les genres sans jamais perdre en cohérence. Art rock, jazz, prog metal, influences 90’s alternative, touches de shoegaze et même des éclats de cabaret ou de funk : sur le papier, ça ne devrait pas tenir debout. Pourtant, tout fonctionne à merveille.
Là où The Fox and the Bird était un concept album narratif très imagé, stop/go explore de manière plus directe les relations humaines, les émotions complexes et les travers sociétaux. Le résultat est à la fois plus accessible et plus mature dans son écriture.
Le grand point fort du disque réside dans sa section rythmique. Le tandem basse/batterie (avec le talentueux Peter de Reyna, également connu pour son travail avec Seven Spires) est tout simplement addictif. Polyrhythmes, grooves djentys, syncopes permanentes : tout cela sert de fondation solide qui permet aux autres instruments (guitares exploratrices, piano, saxophone, clarinette, flûte) de respirer et de briller.
Casey Lee Williams est au sommet de son art. Sa voix versatile passe avec une aisance déconcertante d’un registre vulnérable et intimiste à des envolées puissantes, en passant par des intonations jazz, cabaret ou presque théâtrales. Elle est le ciment qui permet à toutes ces influences disparates de former un tout cohérent et émouvant.
Les temps forts :
- « No Sound » : une ouverture parfaite qui donne le ton de l’album.
- « 22 » : single accrocheur avec un final explosif.
- « Top of the Bottom » : probablement l’un des meilleurs morceaux de l’année, avec son groove irrésistible et ses montées en puissance épiques.
- « The Game » : intense et théâtral, avec un magnifique travail des vents.
- « Humpty Dumpty (Some Body!) » : chaos contrôlé et solo de sax démentiel.
- « Spiral » : plus atmosphérique et catchy.
L’album alterne brillamment moments d’intensité prog metal et passages plus aériens ou jazz. Le groupe est insaisissable, enrichissant ici son exploration par des moments plus expérimentaux, à l’instar d’un premier titre construit sur des samples et un duo basse/batterie noisy et explosif.
OK Goodnight réussit le pari difficile de créer une musique à la fois exigeante, techniquement impressionnante et profondément humaine. stop/go n’est pas seulement un excellent album de progressif : c’est un disque vivant, coloré et addictif qui mérite largement sa place parmi les grands crus de 2026.
Ok Goodnight
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