Groupe trop confidentiel au milieu de la mouvance post-metal francaise, Appollonia s’est dissout il y a dix ans avec cette même discrétion. Mais pourquoi citer ce regretté groupe bordelais en préambule de cette chronique ? Eh bien il se trouve qu’Hex Divided est le nouveau projet de son chanteur/guitariste Vincent Mery, faisant cette fois tout en solo. Et de son groupe précédent, il demeure quelques beaux restes, essentiellement ce goût pour les atmosphères feutrées et pour les mélodies typées 90’s. Des ouvertures qui apparaissent donc aujourd’hui encore plus flagrantes chez Hex Divided.
Du haut de ses vingt-trois minutes pour six titres, Hex Divided I nous sert ici une proposition particulièrement intéressante et sacrément variée. En effet, chaque titre diffère du précédent mais a pour point commun LE détail faisant que ça fait mouche, qu’il s’agisse d’un passage ou d’un refrain entêtant. Accompagné de riffs plutôt lourds, le multi-instrumentiste déroule là un metal alternatif tristounet contenant quelques réminiscences de Junius (l’introductif planant « The Faithless »), un peu de Gojira (le riff principal de « By & By », auréolé d’un excellent refrain) et de Katatonia (« Chinese Demography »), il déploie derrière une apparente simplicité (tant riffique que rythmique) un véritable savoir-faire en matière de composition.
Une belle variété accompagnée d’une vraie signature vocale (aux lyrics profonds méritant qu’on s’y attarde), quelque part entre force et fragilité pour un résultat envoûtant, ce même lorsqu’il s’essaye à la reprise (celle de « There Is A Light That Never Goes Out » des Smiths, très réussie). Un premier effort teinté de nostalgie aux idées larges mais totalement cohérent, en bref, des débuts très prometteurs.
Hex Divided
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