Mine de rien, cela fait déjà dix ans que j’ai laissé filer Altarage ! Ayant chroniqué en 2016 le monstrueux Nihl, voilà qu’une décennie est passée depuis, et de nombreux autres albums (cinq en tout, sortis notamment chez Season Of Mist) et que je les loupe tous sans exception (va savoir pourquoi). En recevant ce Cogwheel (chez leurs premières amours Sentient Ruin Laboratories, en collaboration avec Doomentia Records pour l’Europe), on peut se rendre compte que peu de choses ont changé dans la recette du mystérieux trio espagnol… qui n’est plus anonyme !?
Eh oui, les cagoules auront fait leur temps et les membres du groupe sont donc désormais connus: Javier Galvez (ex-Horn Of The Rhino) au chant/guitare, Mikel Glez à la basse et enfin Phlegton (Wormed, Human Mincer…) à la batterie. Bref, des musiciens confirmés qui continuent donc de distiller leur mixture cauchemardesque mais qui ont pourtant décidé de prendre leur temps, délivrant ici leurs titres les plus longs (allant de sept minutes au quart d’heure), de quoi renforcer leur aspect « gouffre sans fond ».
Car les abysses passionnent toujours autant les trois espagnols, se passant d’intro légère pour mieux nous plonger dans ces profondeurs oppressantes, où le poids (mort, rapport au titre d’ouverture « Peso Muerto ») mixe toujours glacial et accablant. Cependant, le trio surprend à lisière d’un break laissant le gouvernail aux basses drone vrombissantes, laissant apparaître des influences Sunn O))) histoire de mieux nous entrainer au fond du fond.
Un parti pris plutôt régulier sur ce Cogwheel, venant offrir ces « accalmies » entre deux assauts monstrueusement dissonants, oui entre guillemets puisqu’il n’en sera rien: cela renforce l’hostilité du climat et sert finalement à prolonger la durée de quasiment chacun des titres. Ce qui pourra être considéré comme du « remplissage » (la fin de « Future Wreck » suivie de « 1988 », titre totalement drone/ambient).
Mais du haut de son quart d’heure au compteur, « Ichor » va apporter pas mal de nouveauté au milieu de leur pesanteur: entre son intro minimaliste, les curieuses envolées vocales (épiques et désespérées à la fois) de son vocaliste puis ses variations tentaculaires qui suivront, on a sûrement là l’un des titres les plus ambitieux d’Altarage, venant compléter ce cauchemar apocalyptique.
Fidèle à son style original tout en y apportant quelques « ouvertures » (si l’on peut les considérer ainsi), ce septième album d’Altarage ne sera pas encore son plus simple d’accès, ses longueurs drone/doom venant intensifier le malaise. Un poil longuet mais toujours aussi colossal, ces trois espagnols savent toujours y faire pour pulvériser nos sens.
Altarage
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