Inconnus au bataillon jusqu’ici dans nos pages, Coyote Man sont américains (de Chicago) et existent pourtant depuis près de 10 ans. On compte à leur actif un album (éponyme) sorti en 2017 et un EP (Precognition) paru en 2020 en plein Covid.
Œuvrant dans un metal progressif instrumental lorgnant parfois vers le math rock, ils proposent avec ce 3ème album quelque chose qui s’apparente quelque peu à ce que proposent leurs compatriotes de Night Verses depuis qu’ils ont décidé de donner dans l’instrumental (donc à partir de leur album From the Gallery of Sleep paru en 2018). Si vous nous lisez, vous savez à quel point les albums instrumentaux m’emmerdent au plus haut point en général, et si je souhaitais écrire quelques lignes sur leur dernier album Prosthetic Memories à la pochette énigmatique (raccord avec le nom du groupe), c’est comme vous vous en doutez parce que cet album m’a tapé dans les tympans.
Très portée sur les riffs la musique de Coyote Man s’avère en effet d’une efficacité et concision qui rompent clairement avec les pratiques fréquentes dans la musique instrumentale (oui le post rock c’est toi que je regarde), et qui sont les principales causes de mon désamour habituel pour le genre.
Dès l’entame très puissante de « Coping Mechanism » on est emporté dans la musique du trio et ce dernier ne relache pas la pression en enchaînant avec le monstrueux « War Hatchet » qui porte bien son nom même s’il ajoute aussi une couche de synthés (synthé que l’on retrouvera sur la plupart des autres titres à partir de là) pour nous plonger dans son atmosphère presque spatiale tandis que la guitare continue à nous ensevelir sous les riffs burnés. En 4 minutes l’affaire est réglée, et ce morceau s’impose comme un des morceaux de l’année tout simplement, malgré l’absence de chant. « Zealotry » poursuit dans la droite ligne de son prédécesseur avec encore une fois des riffs monstrueux et jouissifs. Sans surprise après une telle entrée en matière le groupe calme un peu le jeu avec « Interpreting Dreams », qui est d’ailleurs le morceau le plus long de l’album, en plus d’être le plus calme, plus post-rock (rappelant alors un peu ce que propose Man is not a Bird dans les moment les plus calmes) du moins au début, car (heureusement) là encore, les trois américains ne nous laissent pas dormir bien longtemps et les riffs puissants de la guitare de Augie reviennent rapidement nous chatouiller les tympas, et ce avant même la moitié du titre, enrichis avant le final par ces claviers vintage et spatiaux du meilleur effet encore une fois. Coyote Man savent maintenir l’attention de l’auditeur et il en sera de même jusqu’au bout de l’album (qui a aussi le mérite de durer 33 minutes). Petite surprise sur le dernier titre, « Faith in a Burning Room », puisque le morceau est chanté par un certain Chris Pacific (dont on ne sait pour ainsi dire rien, il s’agit peut-être d’un artiste de la scène locale de Chicago) et le résultat est convaincant également, la prestation de ce dernier étant réussie (avec même une montée dans les aigus bien maîtrisée et quelques cris sur la fin du titre en forme de climax) et l’essai transformé. Est-ce une indication de la prochaine orientation du groupe, ou simplement une petite incartade récréative? L’avenir le dira certainement.
En attendant, Prosthetic Memories est une réussite en particulier sur les 3 premiers titres qui sont les meilleurs à mon avis, cette légère baisse de régime sur la deuxième moitié de l’album expliquant la petite réserve sur la note finale. Mais l’album reste clairement recommandé aux amateurs de metal prog direct et efficace.
Tracklist :
01 – Coping Mechanism
02 – War Hatchet
03 – Zealotry
04 – Interpreting Dreams
05 – Holographic Heirloom
06 – Inadequate
07 – Faith in a Burning Room (feat. Chris Pacific)
Coyote Man
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