Hippotraktor – Stasis
Chronique Post-Metal Progressif Aux Effluves Djent

Hippotraktor – Stasis

krakoukass
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Auteur
14 juin 2024
il y a 2 ans
4,004 vues
Année de sortie
2024
Note
L'album, porté par des compositions de post-metal progressif, se distingue par des riffs saccadés évoquant le djent et une approche vocale partagée entre deux chanteurs, tout en intégrant des éléments électroniques qui lui confèrent une dimension moderne, séduisant ainsi les amateurs du genre.
Hippotraktor – Stasis

On pourrait penser de prime abord que la présence dans ses rangs de Stefan de Graef au chant, conduise Hippotraktor à ressembler au groupe principal de Stefan, à savoir les excellents Psychonaut. Pourtant, bien que la musique d’Hippotraktor s’inscrive sans nul doute dans le même genre à savoir un post-metal progressif avec des compositions à tiroirs (et une variété de tempos aussi, il suffit de passer de « Renegade » à « The Indifferent Human Eye » pour s’en convaincre même si le deuxième s’excite considérablement en fin de titre), Hippotraktor fait régulièrement la démonstration d’une approche légèrement différente avec notamment des riffs saccadés qui évoquent à plusieurs reprises le djent et trahissent l’influence plus que probable d’un Meshuggah. A l’image de l’introductif « Descent » qui ne s’embarasse nullement de quelconques fioritures (pas d’introduction superflue) pour rentrer au contraire directement dans le (lard) vif du sujet (de l’auditeur).

Autre différence notable, Stefan partage désormais son chant (que je continue à trouver excellent, en particulier son chant hurlé immédiatement reconnaissable) dans Hippotraktor avec Kristof du Jardin, deuxième guitariste de la formation belge, et leurs joutes vocales sont tout à fait réussies, ce qu' »Echoes » (un morceau qui me fait penser à du The Ocean, notamment au début) permet par exemple de constater. Et puis il y a également ces petites touches d’électronique (cf « Silver Tongue ») qui viennent apporter une dimensions plus « moderne » que ne possède pas Psychonaut, à l’image du superbe artwork d’ailleurs (bien qu’il ne représente pas ce que l’on pourrait penser à tort au premier regard, non il ne s’agit pas d’un nouvel aéronef de l’univers Star Wars), qui n’a pas grand chose en commun avec celui des albums de l’autre formation belge.

Le jeu des différences terminé, j’ai pu apprécier de plus en plus le voyage proposé par Stasis au gré des écoutes de l’album, tout en continuant à trouver (comme je le faisais déjà avec le premier album d’Hippotraktor), qu’il manque encore parfois un petit quelque chose en terme de composition, chose qui ne manque justement pas du tout du côté de Psychonaut qui propose à mon sens des compositions plus marquantes, que ce soit via les passages mélodiques plus beaux, ou des passages agressifs plus jouissifs et efficaces. Les 7 minutes de « Renegade » et peut-être plus encore de « Stasis » ne sont pourtant pas loin de toucher au but, mais encore une fois il semble qu’il manque un dernier jenesaisquoi qui permettrait de rendre ces titres encore plus mémorables.

Question de goût peut-être, étant moins porté sur le côté djent de la force je suis peut-être moins sensible à ces passages saccadés même si je ne suis jamais contre une bonne branlée bien distribuée…

Toujours est-il que Stasis apparaît indéniablement comme un bon album qui devrait ravir les amateurs de post-metal et de djent. En tout cas, entre Psychonaut, My Diligence, et Hippotraktor, le post-metal belge se porte décidément très bien avec de quoi satisfaire tous les goûts grâce aux approches légèrement différentes que les uns et les autres proposent et l’on ne peut que s’en réjouir!

Tracklist :
01 – Descent
02 – Echoes
03 – Silver Tongue
04 – Renegade
05 – The Indifferent Human Eye
06 – Stasis
07 – The Reckoning

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Post-Metal Progressif aux effluves Djent

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Krakoukass est cofondateur d’Eklektik Rock. Il s’est imposé comme l’une des plumes majeures du webzine depuis ses débuts en 2004, avec des goûts qui couvrent un large spectre allant de la Pop au Death Metal, en passant par le Black, le Neo ou l'Electro, sans oublier des incursions vers le Rock Alternatif, le Doom ou l'Indus. Fidèle aux scènes innovantes comme aux valeurs sûres, il a suivi de près la plupart des pointures du Rock et du Metal mais aussi énormément de groupes plus underground. Son regard critique s’attache autant à la créativité des formations émergentes qu’à l’évolution des grands noms des courants contemporains.

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