Kadenzza – The Second Renaissance

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Style: metal avant-gardisteAnnee de sortie: 2005Label: Holy Records

En ces temps de grosses sorties attendues, Hypocrisy , Dark Funeral (la kronique sera en ligne sous peu), Gojira etc etc etc… il est agréable de sortir un peu des sentiers battus et de se retrouver en terrain inconnu, loin de tout ce tapage médiatique qui, bien souvent, se solde par des déceptions. C’est ce que j’ai fait en me lançant corps et biens dans ce nouvel album de Kadenzza, groupe japonais dont je n’avais pas entendu le premier album et qui a attiré mon regard grâce à son beau digipack. Alors Kadenzza kézako ? Voyons l’emballage du cd qui nous dit « grand sympho orchestral kamikaze metal », mouais, on est pas très avancé. Alors on se lance dans l’écoute pour comprendre de quoi que ça cause le grand machin kamikaze bidule. Je dirais pour faire grossier que le groupe, qui n’est d’ailleurs qu’un seul et unique bonhomme répondant au charmant nom d’You Oshima, pratique une espèce de métal extrême à très fortes influences symphoniques. Alors que le début de l’album nous fait dire qu’il s’agit d’un métal grandiloquent comme est capable de le faire nos petits frenchies de Misanthrope , la suite nous fait éclater notre erreur en pleine tronche, avec des morceaux très longs, lents, quasiment pas métal, chantés en voix claire, voire même en chant féminin voir même quasiment ambiant.

Evidemment comme notre homme est tout seul à bord et qu’il fait partie de la race des êtres humains et non des poulpes, il a du faire quelques concessions. La batterie sera par conséquent assurée par une boite à rythme, ce qui n’enlève pour autant pas grand-chose au charme qui se dégage des compos. Celles-ci, allant piocher à droite à gauche des influences, avec du Misanthrope à ma gauche, du Arcturus à ma droite et du Sigh nouvelle époque au milieu de tout ça. Remuez bien, mettez nous une pointe de solos de guitares masturbation de manche au milieu de tout ça. Une pincée d’electro pour le goût, et laissez reposer, si ça prend, gagné, ça va faire du Kadenzza. Sinon dépêchez vous de tout mettre à la poubelle, ça risque d’être profondément indigeste. Du point de vue de l’orchestration on est servi : violon, claviers à gogo, orchestrations à la Orchestre philharmonique de Prague et tout le toutim. Pour les fans de japonaiseries la patte japonaise est clairement repérable comme sur un groupe comme Sigh où l’origine du géniteur de la musique ne peut pas faire de doutes. Une ouverture comme celle de « the abyss stares at you » fait clairement penser au pays natal du zigoto. C’est sur ce morceau toujours, que la patte Arcturus est la plus flagrante avec ces recherches déjantés et cette voix qui fait illusion avec celle du chanteur d’Arcturus dans la Masquerade infernale . Excellent morceau qui permet clairement de mettre le doigt sur l’ensemble du disque.

J’ai été particulièrement séduit par cet album, d’une part grâce à sa recherche musicale clairement hors normes, qui caractérise souvent les œuvres japonaises, et d’autre part et sans doute avant tout, par la qualité, la diversité et la complexité des morceaux. Ceux-ci, sans aucun rapport entre eux la plupart du temps ne sonnent jamais faux et s’incorporent sans difficulté dans ce qui est un album assez complexe au premier abord mais qui devient passionnant au fur et à mesure des écoutes. Et même la narration du petit chaperon rouge aussi improbable soit-elle dans un disque de métal est intelligemment placé au cœur de « Mother’s flesh ».

Assurément un album moins accessible que la majorité des sorties du moment, mais néanmoins tout à fait indispensable.

Note Dah-Neir : 17,5/20

Avis Monster :
« Grand sympho orchestral kamikaze metal » ? Franchement on aura tout vu. A quand le « mega sympho samouraï polka » ? Mais bon, d’une certaine façon, je les comprends chez Holy Records, quand on se paye un ovni tel que le projet de You Oshima, on est bien obligé de se creuser la cervelle pour désigner un style à part. Bref, Kadenzza est unique et complètement à part sur la scène metal actuelle, comme pouvait l’être le Arcturus de La Masquerade Infernale ou ses confrères nippons de Sigh. Kadenzza c’est un peu comme un manga tel que « Ghost In The Shell » (pas étonnant qu’un titre de l’album fasse référence à ce chef-d’œuvre de l’animation japonaise) : c’est techniquement à la pointe du progrès et il y a derrière tout cela une intelligence rare. A la pointe du progrès car ces claviers et orchestrations, l’architecture sonore dans sa globalité, font passer nombre de groupes de black metal symphonique pour de la grande guignolade kitch.

Le premier album, Into The Oriental Phantasma avait déjà montré ce dont le japonais était capable. The Second Renaissance se devait d’enfoncer le clou. Cet album semble se diviser en deux parties : la première allant de « In My Own Voice » à « Utaka » nous montre un Kadenzza plus onirique et symphonique que jamais ; la seconde partie, en plus d’être un concept horrifique sur « Le petit chaperon rouge », fait référence au film d’animation du maître Mamoru Oshii « The Wolf Brigad ».

Sur la première partie, l’influence du Arcturus de La Masquerade Infernale est plus présente que jamais ; tel les vocaux clairs de « The Abyss Stares At You ». C’est aussi sur cette partie que You Oshima nous démontre le plus ses talents de guitariste, notamment avec le superbe solo sur « Ghost In The Shell ». On a tendance à penser, en écoutant ces quatre premiers titres, que le style Kadenzza est devenu moins violent, moins sombre, plus symphonique, plus direct et facile d’accès en somme que sur Into The Oriental Phantasma. « Utaka », pas du tout metal, très japonais et symphonique, semble marquer la transition avec la seconde partie.

Si Gloomy Grim s’est attribué le concept d’horror metal, Kadenzza mérite encore plus cette dénomination sur des morceaux flippants tel que « In The Woods », « The Wolfoid » ou « Mother’s Flesh ». De ce fait, on peut facilement comparer cet ensemble au morceau fleuve « War Phantasma » présent sur le premier album.

Comme sur le premier album, le style Kadenzza semble partir dans tous les sens, les influences étant aussi bien à chercher chez Arcturus et Sigh que chez Celtic Frost, Mekong Delta, Emperor, The Kovenant ou My Dying Bride. Cependant, The Second Renaissance semble faire preuve de plus d’homogénéité que le précèdent opus. Kadenzza risque encore de perdre en route nombre d’auditeurs. Dieu sait ce que You Oshima nous réserve pour l’avenir, mais gageons que l’homme en a encore sous le coude. Sans nul doute, Kadenzza pourrait devenir grand.

Note Monster : 16/20

  1. in my own voice
  2. ghost in the shell
  3. the embers of reverie
  4. the abyss stares at you
  5. utakata
  6. in the woods
  7. the wolfoid
  8. mother’s flesh
  9. redemption
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Commentaire

  1. Joss says:

    Presque 3 ans après, je viens sauver cette chronique d’un bide :-) Excellent album ! un savoureux mélange d’ambiances à la Chaostar et de parties plus endiablées, très techniques parfois mais jamais imbuvables (pour peu que l’on soit un minimum réceptif à la guitare virtuose, les autres appelleront ça « branlette de manche »). J’attend impatiemment la suite…

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