Emigrate – Emigrate

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Style: metal/rock à l'USAnnee de sortie: 2007Label: Pias Recordings

Richard Kruspe, guitariste et compositeur en chef de Rammstein est apparemment un homme très créatif. Son besoin d’écrire des chansons n’étant apparemment pas complètement satisfait par son travail dans Rammstein, le voilà qui a décidé de monter un autre groupe qui a tout du projet solo. Quel meilleur timing que de profiter en effet du hiatus annoncé par Rammstein ?

Il semble que le sieur Kruspe soit clairement très attiré par les USA, et c’est d’ailleurs à New-York qu’il réside désormais. Ce n’est donc pas hasard de constater que les textes de son album Emigrate, sont exclusivement écrits dans la langue de Shakespeare.
On savait aussi que Kruspe était le principal compositeur de la bande des teutons.
Ce n’est donc pas une surprise de constater que cet Emigrate a de forts relents rammsteiniens, d’autant qu’on retrouve derrière les manettes, à la production et au mixage, l’indéboulonnable Jacob Hellner et Stephan Glaumann tous deux responsables de la production de quasiment tous les albums de R+.
On retrouve donc le son Rammstein, mais aussi toute la simplicité et le côté direct de l’écriture des titres de Rammstein. C’est aussi pour cette simplicité, ce côté martial et son gros son, qu’on aime la musique de Rammstein.

Seulement voilà, là où cette musique prend tout son sens chez R+, martelée qu’elle est en allemand par Till et son timbre bien particulier, elle devient ici assez banale et plate. C’est en effet Richard qui se charge des voix et s’il ne s’en sort pas si mal, sa voix est néanmoins assez banale et cette banalité est encore renforcée par le fait que le chant en anglais est fatalement beaucoup plus passe-partout. Tout cela ne serait rien si la musique était suffisamment puissante et intéressante pour contrebalancer cet aspect. Ce n’est vraiment pas le cas, puisque si la puissance des guitares est toujours là, le tout sonne beaucoup trop calibré.

Mis à part « Resolution » et ses sonorités orientales (qui rappellent le Clawfinger de « Two Sides ») ou à la rigueur « Wake Up », « Blood » et surtout « This is What » purement dans la tradition rammsteinienne, le reste est en effet tout simplement de la soupe qui flirte gentiment avec les radios US.
Le pompon est atteint avec les cataclysmiques « Babe » et « You Can’t Get Enough » ballades larmoyantes ridicules, et surtout le M-I-N-A-B-L-E « New-York City » et ses chœurs qui font « youhou ». Le reste est assez insipide pour passer complètement inaperçu ce qui est loin d’être un compliment.

Que dire au final ? Voilà un album qui ne plaira éventuellement qu’aux fans inconditionnels des toutes dernières sorties de Rammstein, et encore j’avoue avoir quelques doutes. L’ami Richard semble nourrir d’inquiétantes ambitions et paraît vouloir devenir populaire, passer à la radio, bref rentrer dans un trip rockstar, ce qui a de quoi inquiéter quant à l’avenir de Rammstein. Reise Reise et Rosenrot traduisaient déjà une baisse de qualité inquiétante chez la bande teutonne, il ne reste plus à espérer que Richard aura évacué ses velléités mielleuses et son trip de rock star dans cet Emigrate bien fade et sans saveur pour retrouver un Rammstein au top.

  1. emigrate
  2. wake up
  3. my world
  4. let me break
  5. in my tears
  6. babe
  7. new york city
  8. resolution
  9. temptation
  10. this is what
  11. you can’t get enough
  12. blood (bonus track)
  13. help me (bonus track)
krakoukass

Chroniqueur

krakoukass

Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben.

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Commentaire

  1. AegoroN says:

    Direct, c’est certain, efficace sur certains morceaux…mais c’est l’aspect « compilation de riffs rammsteiniens, dans un ordre différent »qui prime au final. Le riff du titre éponyme « Emigrate » n’est qu’une accomadation de celui de « Sehnsucht » + un riff pompé de « Mann Gegen Mann » au milieu, le riff de « In My Tears » est repris pour la 3ème fois (« Stein Um Stein », « Rosenrot »), « Babe » pue le « Feuer Und Wasser » qui essaierait d’enculer le PARADISE LOST de « One Second », « This Is What » ne se prive pas de recycler la partie de batterie de « Morgenstern », au coup de tome près, « Resolution » sue le réarrangement de « Mein Teil » par tous ses pores, « Let Me Break » = « Mann Gegen Mann » Bis + riff « Stein Um Stein / Rosenrot / In My Tears », décidément !!!…. Et ce ne sont pas les quelques samples gratuits et leads de clean guitar disséminés ça et là (et qui évoquent parfois une parenté bancale avec PROFESSIONNAL MURDER MUSIC) qui vont suffire à camoufler cet inquiétant radotage musical.
    On remarquera que les titres que je cite en comparaison sont majoritairement issus des oeuvres les plus récentes de RAMMSTEIN, ce qui pourra rassurer (cette fois c’est bon il a craché tout ce qu’il avait dans ce style-là) ou inquiéter (putain le prochain RAMMSTEIN sera comme ça, au moins pour ses deux tiers).
    La qualification d’album inutile n’a jamais été aussi adaptée, c’est d’ailleurs la première fois que j’ose l’utiliser. Où sont les idées nouvelles qui soi-disant taraudaient l’auteur jour et nuit ? Tout ça pour placer un « New York City » kitsch au possible ?
    Pour qui n’a jamais écouté RAMMSTEIN autrement qu’en passant la serpillère sur le lino de sa cuisine, ce disque se sifflotera sous la douche avec plaisir. En ce qui me concerne, j’ai la désagréable impression que Richard Kruspe vient de faire tomber ma savonnette…

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