Phoxjaw – notverynicecream

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Style: Metal Alternatif TorduAnnee de sortie: 2023Label: Hassle Records

« Pendreee le bâtard ». Ces mots en français dans le texte sont déclamés par une voix féminine désabusée et légèrement robotisée sur le refrain de « lastmancalledjohn ». Arrivé à ce stade de l’album, on n’aura de toute façon plus de doute sur la singularité des anglais de Phoxjaw, qu’ils réaffirment haut et fort sur leur nouvel album notverynicecream dont la pochette est d’ailleurs parfaitement dans le ton. Car non décidément, quelque chose ne tourne pas bien rond chez ces 4 garçons dont on avait déjà pu apprécier les aventures musicales, notamment sur leur premier album longue durée le très bon (mais imparfait) Royal Swan paru il y a presque 3 ans déjà.

En effet, même lorsqu’ils semblent aller vers des contrées plus légères et presque lumineuses à partir de « sungazer » c’est en réalité pour mieux évoluer sur un fil et on sent bien que tout peut basculer en un instant dans la folie ou dans le barré (et lorsque c’est le cas je pense qu’on pourrait presque rapprocher les anglais des américains de Melted Bodies). Le côté sautillant de « dancingtrees » (évoquant le math rock des débuts de Foals) apporte ainsi fugacement une légèreté étonnante s’il n’y avait pas ces vocaux quelque peu punk/barrés tout de même. « thelastmackerel » possède de prime abord un petit côté Klaxons qui paraît quelque peu décalé mais encore une fois, le groupe suit sa ligne de conduite et réussit à maintenir une véritable cohérence d’ensemble et ne tombe pas dans la pop/rock basique, en assumant au contraire son agressivité metal qui ressort bien sur l’album sur la fin du titre en particulier, ou sur le très lourd « knives » et jusque sur le superbe final « serpentsdripfromtheskies » et ses 7min43 sur lesquelles pas une minute ne semble superflue.

Il n’y a guère que « thesaddestsongever » qui sans être la chanson la plus triste jamais écrite, semble conserver une approche un tant soit peu sérieuse et mélancolique tout du long et sur laquelle on décèle presque des sonorités cold-wave à la Cure.

La dimension vocale est clé chez Phoxjaw depuis les débuts du groupe, tant Danny Garland et son timbre particulier, sont encore une fois pour beaucoup dans l’identité Phoxjaw. Cette folie punk/bizarroïde est la bienvenue, on peut même dire qu’avec seulement 2 albums longue durée (et 2 EP) à leur actif, leur « patte » et leur style sont déjà parfaitement reconnaissables après quelques secondes seulement, à défaut d’être faciles à décrire précisément à l’intention d’un futur nouvel auditeur, à qui l’on conseillera seulement de tenter une écoute pour mesurer combien le côté atypique du combo de Bristol peut être séduisant (ou pas).

En ce qui me concerne, connaissant le groupe depuis ses très bons premiers EP, notverynicecream m’apparaît comme l’album le plus réussi du début à la fin de Phoxjaw. Il est en effet d’une constance qualitative remarquable, même s’il ne contient peut-être pas contrairement à son prédécesseur, de tubes absolus comme pouvaient l’être « Trophies in the Attic » ou « Triple AAA ». Mais à choisir on préférera son homogénéité qui nous amène à l’écouter en boucle avec un plaisir renouvelé à chaque passage sur la platine et à le considérer ni plus ni moins comme l’un des tous meilleurs albums de l’année.

Tracklist :
01 – evermore
02 – apples
03 – icecreamwitch
04 – sungazer
05 – thesaddestsongever
06 – tortoise
07 – dancingtrees
08 – knives
09 – thelastmackerel
10 – shotgunlipstick
11 – lastmancalledjohn
12 – serpentsdripfromtheskies

krakoukass

Chroniqueur

krakoukass

Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben.

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