Poison The Well – Versions
Chronique Emocore

Poison The Well – Versions

jonben
jonben
Auteur
3 juillet 2007
il y a 19 ans
5 commentaire s
2,485 vues
Année de sortie
2007
Note

4 ans quand même depuis la sortie de You Come Before You, qui maintenait Poison the Well dans le peloton de tête de la vague émocore avec un 3ème album toujours aussi incisif mais laissant place à plus de voix mélodiques. Le groupe a malheureusement depuis subi les affres d’un changement de label chaotique, quittant […]

Poison The Well – Versions

4 ans quand même depuis la sortie de You Come Before You, qui maintenait Poison the Well dans le peloton de tête de la vague émocore avec un 3ème album toujours aussi incisif mais laissant place à plus de voix mélodiques. Le groupe a malheureusement depuis subi les affres d’un changement de label chaotique, quittant Atlantic qui apparemment s’intéressaient de trop près à la direction musicale qu’ils souhaitaient voir le groupe prendre pour leur nouvel album. Ces déboires plus des problèmes personnels de certains membres du groupe entraînèrent le départ de Derek Miller, guitariste emblématique depuis le 1er album, qui assurait une bonne partie de la composition dans le groupe, ainsi que de leur bassiste.

On comprend les incertitudes qui ont pesé sur les 3 membres restant, mais ils décidèrent quand même de continuer l’aventure, passant à cette occasion chez un label beaucoup plus adapté, Ferret. Musicalement, plutôt que de reprendre les morceaux composés par Miller que le groupe travaillait depuis la sortie du dernier album, le désormais trio repart de zéro et nous propose ce Versions qui commençait sérieusement à se faire attendre.

Première surprise dès la lecture du disque enclenchée, Poison the Well évolue vers un hardcore beaucoup plus personnel, aux orientations punk furieuses et à l’inspiration rock n’roll plutôt étonnant, lorgnant parfois vers le noise rock, d’autres fois vers une ambiance légèrement « western », impression donnée en particulier par l’utilisation de bottleneck, banjo ou de quelques synthés 70s. Au fil des écoutes, on retrouve quand même sans peine le son caractéristique du groupe, les riffs hardcore tranchants sont toujours présents et ce dès l’introductif single « Letter Thing », mais il faut avouer qu’une bonne moitié des morceaux penchent vers des atmosphères mélodiques, soutenues par un chant mélancolique intense qui est de mieux en mieux maîtrisé. Jeffrey Moreira est toujours un chanteur à la puissance hardcore phénoménale qu’il alterne avec des chants clairs sensibles qu’on a du mal à imaginer sortir d’une telle carcasse.

Moins facile d’accès que ses prédécesseurs, s’éloignant du sempiternel couplet hardcore/refrain émo auquel le groupe nous avait habitué, on peut vraiment parler d’une certaine maturité à l’écoute de cet album, et pas la fausse maturité que beaucoup de groupes nous servent en interview après avoir sorti un album passable et plus abordable. Sur Versions, Poison the Well ont tracé une nouvelle voie pour leur musique, qui sans laisser de côté la rage des débuts laisse place à des passages plus originaux et sur le fil du rasoir, portés par une voix sans pareille, le tout étant savamment lié par des couches de guitares et un jeu de batterie solide.

Les critiques américaines furent apparemment assez sévères, les aigris accusant le groupe de renier ses racines hardcore en proposant un album encore plus mélodique que le déjà décrié You Come Before You. Les fans de la première heure pourront certes être déçu. J’ai moi-même tous les albums du groupe et suis ravi de leur évolution, qui s’est d’ailleurs révélée appréciable en concert, les nouveaux titres se mariant sans peine avec les classiques du groupe. Franchement conseillé à tout amateur de hardcore mélodique.

  1. letter thing
  2. breathing’s for the birds
  3. nagaina
  4. the notches that create your headboard
  5. pleading post
  6. slow good morning
  7. prematurito el baby
  8. composer meet corpse
  9. you will not be welcomed
  10. naive monarch
  11. riverside
  12. the first day of my second life

Artistes / Groupes

Record Label

Genre selon le Chroniqueur

emocore

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jonben

jonben

Krakoukass et moi avons fondé Eklektik en 2004, peu après mon installation à Paris, à la suite de la disparition du webzine dont le forum avait été notre terrain d’échanges. Avec des parcours musicaux proches, entre rock et metal, nous partagions le goût de l’ouverture et de la découverte permanente de nouveaux sons. Au fil du temps, mes goûts se sont affinés : je m’intéresse surtout aux groupes et styles des années 90 à aujourd’hui, avec une touche de 70s. J’ai longtemps profité des concerts parisiens et des festivals européens, et j’ai également joué de la guitare plusieurs années au sein d’Abzalon. Mes terrains de prédilection restent le metal/hardcore, le death technique, le sludge/postcore et le rock/metal progressif, avec des escapades régulières du côté du jazz fusion et du funk.

684 articles publiés

5 commentaires

Krakoukass

il y a 19 ans

J’adore! Je le trouve infiniment plus intéressant que les précédents (déjà sympas). Grosse réussite pour ma part.

Cactus

il y a 19 ans

Idem, ils sont très forts ces types…une belle évolution et une belle réussite que cet album. J’ai l’impression que le changement de zicos leur a fait le plus grand bien et leur a permis de se renouveler…18/20 pour ma part

Marc

il y a 19 ans

Ah ah, moi je le trouve énormissime ce disque, très fouillé, plein de détails, très rock, mais dans le bon sens du terme : rugueux et arraché. Ca tarte beaucoup plus que les trucs hardcore métal du début. On sent l’évolution dans la continuité de You Come Before You, en plus complexe, plus travaillé et plus retors, avec ce son très brut plus poussé encore. J’adore.
Très, très haut dans ma hiérarchie de l’année. 18 voire 19.

Faya

il y a 19 ans

Un album extremement dense, j’ai mis du temps à rentrer dedans, je pourrai même dire qu’il en souffre (trop ambitieux et copieux, manque d’aération). Il est néanmoins assez passionant, une évolution brillante qui n’a plus rien d’emocore.

nolass

il y a 19 ans

Oui les critiques américaines sont pour le moins IMMONDES. Venant même à dire que ptw vire au émo, ce qui n’a rien à voir mais bon…
PTW est vraiment un groupe admirable, et leur evolution me bluffe encore… Versions est très bien écrit, surtout bourré de talent, démotions diverses et de violences.

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