Twilight – Monument to Time End

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Style: black metalAnnee de sortie: 2010Label: Southern Lord Records

Un temps annoncé comme mort et enterré, Twilight, projet réunissant la crème du black US, a concocté dans l’ombre un second opus sobrement intitulé « Monument to Time End ». Quid du line-up ? Exit Malefic (Xasthur) et Hildolf (Draugar) laissant place à Aaron Turner (Isis), Sanford Parker (Minsk) et Stavros Giannopolous (The Atlas Moth) qui rejoignent ainsi Wrest (Leviathan, Lurker of Chalice), Azentrius (Nachtmystium) et Imperial (Krieg) déjà impliqués dans la naissance du groupe. Cinq ans après un premier effort assez classique dans sa musicalité, nous étions en mesure de nous demander quel allait être le visage présenté par Twilight en 2010 après ce remaniement d’effectif.

D’entrée, le groupe pose ses jalons et nous laisse entrevoir une production plus ample et soignée. L’apport de Turner et Parker derrière les manettes se fait clairement ressentir et le black metal de Twilight se trouve boosté par des élans sludge injectant une lourdeur non négligeable aux textures oppressantes d’origine. « The Cryptic Ascension » débute sur un mid-tempo sec et claquant telle une machine accompagnant progressivement la montée des guitares. Le riffing gras et mélodique fait irrémédiablement penser aux derniers travaux de Nachtmystium mais aussi à la noirceur des compositions de Krieg. Premier morceau et première baffe de dix minutes: à ce moment de l’album on peut s’attendre au meilleur et la crainte d’entendre une sélection de titres issus des projets de chacun (comme sur le premier album) s’évapore déjà.

L’Art Noir des américans est diablement efficace et plutôt rodé. « Fall Behind Eternity » va dans ce sens, Twilight joue du… Twilight, chaque membre apporte sa pierre à l’édifice et les enchaînements respirent enfin le travail d’équipe (notamment sur le chant, Azentrius et Imperial se taillent la part belle en utilisant les mêmes effets). On passe ainsi d’un rock/stoner à du black sans compromis le tout avec une cohérence dévastatrice. Bien sûr, l’esprit psychédélique de Nachtmystium plane sur un « 8,000 years » aux claviers Floydien et au groove heavy tout comme celui de Leviathan contamine les saturations de « Convulsions in Wells of Fever ». La musique de Twilight est âpre dans ses assauts (« Decaying Observer »), brumeuse dans ses ambiances (« Red Fields » est une passerelle directe vers le « Spectre As Valkerie Is » de Lurker of Chalice) et rampante comme jamais (« The Catastrophe Exhibition » aux dissonances plaintives que n’auraient pas renié Deathspell Omega).

« Monument to Time End » est ce monolithe dressé en plein milieu d’un océan de poussière, ce maelstrom vers lequel les âmes damnées orientent leurs voiles, ces voix de l’impénétrable qui restent gravées dans le sang jusqu’à la mort comme en témoigne l’excellente conclusion « Negative Signal Omega », sorte de marche silencieuse (« American Melancholy ») aux accents sudistes très typés. Les chœurs vibrent puis s’éteignent, à jamais.

R.I.P.

Tracklist:

1- The Cryptic Ascension (9:52)
2- Fall Behind Eternity (9:45)
3- 8,000 Years (5:39)
4- Red Fields (6:36)
5- Convulsions In Wells of Fever (5:14)
6- Decaying Observer (9:08)
7- The Catastrophe Exhibition (7:03)
8- Negative Signal Omega (5:02)

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Commentaire

  1. AxGxB says:

    Découvert ce soir même, je suis conquis.
    On ne peut nier retrouver la patte de Aaron Turner dans la musique de Twilight.
    Choutte disque, varié, agressif, aéren… Achat futur!

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