Broken Water – Whet

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Style: Rock AlternatifAnnee de sortie: 2010Label: Night People / Radio Is Down / Perennial

Quand on évoque les années 90 et la scène US indé on pense inévitablement, à un moment ou un autre, à ce qu’il s’est passé du côté de Seattle quand d’un seul coup une sorte de fièvre nourrie de suées dues à l’héroïne à bon prix et aux psychotropes avait pris dans ses convulsion les jeunes pousses locales. La jeunesse désinvolte formée au nihilisme se jetait dans le mur, le cœur battant au même rythme que les mots bleus de cobalt de Kobain, le regard troublé par l’acool, le sentiment déchiré comme le jean et les pensées aussi crades que les banlieues qui vivaient le second coup de la désillusion post industrielle des années 70.

Il faut du temps pour digérer son rêve de béton façonné aux pétrodollars . Si le psychédélisme avait contracté une sorte de mépris auprès des communautés punks les plus dures à la fin des années 70, les mouvements industriels et post punk qui ont suivi, ont redessiné des contours pour les motifs que des milliers de cerveaux avaient digérés avant eux, à coup de buvards qui défragmentent plus que de raison. Une résurgence d’un son plus psyché, de dispositifs plus noise ont fait leur apparition avec la no wave et des groupes comme les Swans ou Sonic Youth dans les années 80, le rock continuait alors de trouver dans ses intentions des autoroutes à parcourir. Avec Whet, le second album de Broken Water, on a l’impression de remonter la piste vers un âge aujourd’hui révolu. On est loin des années où Sub Pop charriait dans ses filets les premiers Mudhoney ou Melvins, pourtant à Olympia dans l’état de Washington, rien ne semble avoir changé pour le groupe.

 

Les trois zikos ont été élevés au son de Sonic Youth et My Bloody Valentine : timbre des grattes à l’arrache, chants évanescents, approche noise shoegazée, mélodies acidulées servies dans un jus que les 90’s n’auraient pas renié, les riffs aboyant juste ce qu’il faut de gras pour plomber l’attaque. Comme une montée de Xanax pendant une cuite au whisky, Broken Water joue avec les fréquences et les réverbs pour diffuser sa matière à travers ses tournures déglinguées. Les voix des filles,Kanako Wynkoop et Abigail Ingram ajoutent aux contrastes d’autant que Jon Hanna passe de temps en temps lui aussi faire un tour derrière le micro. Ça grince, ça craque, et ça se diffuse, un mignon retour en arrière, l’impression de vivre la narcolepsie les oreilles grandes ouvertes. Teen Spirit.

 

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Commentaire

  1. Ennoia says:

    Deuxième écoute de l’album et je te remercie bien pour la découverte. Je trouve le mélange MBV/Nirvana surprenant et le son est vraiment approprié.

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