Martin Grech – Hush Mortal Core

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Style: art rockAnnee de sortie: 2020Label: Autoproduit

J’étais un peu circonspect au départ à cause du nom du type, Martin Grech, je suis peut-être obtus mais je trouve peu judicieux de ne pas prendre de pseudonyme, surtout quand on a un nom quelconque et qu’on officie dans un genre habituellement joué par des groupes, et d’autant plus quand on pratique le rock/metal progressif. Ou sinon il faut être une pointure dont le nom est déjà connu comme Steven Wilson.

Cela dit là, Martin Grech est seul, et il mériterait d’être plus connu. C’est manifestement un artiste maudit, torturé, qui a eu un parcours chaotique. Ado il compose un morceau qui finit dans une pub à la télé, un premier album sort en 2002 sur une major, puis deux autres en 2005 et 2007 et ensuite plus rien… jusque 2020.
Il faut dire qu’il travaillait depuis des années sur cet album, désargenté et mégalo (il voulait embaucher un orchestre symphonique) et manque de chance le délire du Covid arrivera juste quand il avait finalisé l’album. Ses démarches pour trouver un label ne donnant rien et par dépit semble-t-il il distribue l’album sur le net en Mars 2020.

Hors Hush Mortal Core est un album d’art rock conceptuel magistral, d’une grande subtilité, multi-facette, avec des pianos, cordes, guitares acoustiques, des voix d’un autre monde, mais également par moment des riffs métal/prog agressifs, et tous ces éléments sont utilisés de manière originale, y compris le chant, une voix hantée, théatrale, d’un autre monde.

Pour un album qui sort de nulle part, le niveau est impressionnant à tout point de vue, y compris en terme de production, crystalline et mettant en valeurs les moindres petits détails. Il y a des touches de Dredg, de Sigur Ros. On pense aussi à Thom Yorke/Radiohead et Jeff Buckley niveau vocal mais il a vraiment son monde, et touche à tout, il y a meme quelques gros riffs metal placés avec parcimonie, des riffs saccadés qui rappellent Tool ou les groupes djent actuels, en particulier Tesseract.
Grech a d’ailleurs collaboré avec Tesseract sur Polaris, leur album de 2015, et il semble que leur batteur et leur guitariste/compositeur participe à cet album et aient aidé à la production, ce qui est peut-être la raison derrière la ressemblance sur les parties les plus metal.

L’ambiance dans tous les cas n’est jamais au beau fixe, la nostalgie, la mélancolie perce dans tous les sens, l’influence de Nick Drake est évidente sur le sublime titre acoustique « Sadness Is a Story of Beauty Only a Dancer Can Tell ». Le terme art rock n’a jamais été mieux défini. Cette capacité à étirer les codes du rock vers le folk, le classique, le jazz, l’ambient et un album utilisant toute une palette de sonorités allant du calme à la tempête.

jonben

Chroniqueur

jonben

Krakoukass et moi avons décidé de créer Eklektik en 2004 suite à mon installation à Paris, alors que disparaissait le webzine sur le forum duquel nous échangions régulièrement, ayant tous deux un parcours musical proche entre rock et metal, et un goût pour l'ouverture musicale et la découverte perpétuelle de nouveautés. Mes goûts se sont affinés au fil du temps, je suis surtout intéressé par les groupes et styles musicaux les plus actuels, des années 90s à aujourd'hui, avec une pointe de 70s. J'ai profité pendant des années des concerts parisiens et des festivals européens. J'ai joué des années de la guitare dans le groupe Abzalon. Mes styles de prédilection sont metal/hardcore, death technique, sludge/postcore, rock/metal prog, avec des incursions dans le jazz fusion et le funk surtout, depuis une île paumée de Thaïlande. 

jonben a écrit 502 articles sur Eklektik.

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