De/Vision – Rockets and swords

Pas de commentaires      2 376
Style: synthpopAnnee de sortie: 2012Label: Metropolis Records

J’ai cherché. Je vous assure que j’ai cherché. Bien évidemment, j’ai commencé par vérifier les branchements. Peut-être qu’une enceinte était mal reliée à l’ampli. Non, tout était nickel.

Je n’ai même pas pris la peine de jeter un coup d’oeil aux réglages. Pas la peine, je ne mets jamais le nez là-dedans et personne à part moi ne touche cette chaîne hi fi.

Je n’avais donc pas d’autre choix que de me tourner vers l’album lui-même. Un mauvais mixage ? Une production aux rabais ? Très peu probable, le groupe vend quand même suffisamment d’albums pour se payer du matos et les services d’une équipe qui tiennent la route.

Et là j’ai craqué. J’ai échafaudé une théorie du complot débouchant inévitablement sur une auto censure. J’ai étudié les live report de la tournée Popgefahr : rien. J’ai alors élargi la recherche et épluché la presse générale allemande.

Que dalle. Pas un seul décès lié à l’ambiance trop survoltée pendant un concert. Même pas une fracture de la cheville ou un rhume pendant un festival en plein air. C’était pourtant la seule solution plausible : la famille d’une jeune goth morte piétinée avait porté plainte contre l’efficacité trop accrue du précédent album, du coup De/Vision avaient dû revoir leur copie avec ce Rockets and swords. Fini les tubes qui font bouger les foules. Terminé les bombes mélodiques à la dynamique ravageuse.

J’ai eu beau me remémorer les heures plus calmes du groupe (Two, Noob), me rappeler que la synthpop des Allemands n’avait jamais prétendu concurrencer les hérauts de l’harsh EBM, impossible d’objectiver mon point de vue : ce Rockets and swords est mou, voire sucré. L’efficacité mélodique est, la plupart du temps, au rendez-vous, pas trop de souci de ce point de vue là. Mais c’est pépère, à la limite du easy listening (« Want to believe » est soporifique !), ça ne percute pas. Le pire c’est qu’ils donnent parfois l’impression d’essayer de mettre un bon vieux boost à leur musique mais le soufflet retombe très rapidement ; l’énergie semble contenue alors qu’elle ne demande qu’à s’exprimer (« Binary soldier »).

J’ai hésité à vous faire part des conclusions auxquelles mon enquête a abouti mais je me suis dit que, après tout, vous aviez droit à la vérité. Oh elle est simple, rassurez-vous, il ne fallait en réalité pas chercher bien loin les raisons de cette sortie en demi teinte : Thomas Adam et Stefen Keth ont été enlevés et remplacés par des martiens.

Je sais que nous sommes lus régulièrement au-delà de la stratosphère, j’envoie donc un message aux ravisseurs : vous êtes démasqués, rendez-nous les vrais De/Vision et rembarquez vos ersatz !

Tracklist :
1/Boy toy
2/Superhuman
3/Beauty of decay
4/Brotherhood of man
5/Stargazer
6/Binary soldier
7/Want to believe
8/Bipolar
9/Mystified
10/Running all night

 

Chroniqueur

Darkantisthène

Il est né, il a chroniqué, il est mort, aurait pu dire Heidegger si... j'étais mort, si Heidegger était vivant et s'il s'était intéressé à ma prose autant qu'à celle d'Aristote. Et il n'aurait pas été à une connerie près le père Martin parce qu'avant de chroniquer, et après être né, figurez-vous que j'ai vécu ; et écouté de la musique.

darkantisthene a écrit 276 articles sur Eklektik.

Up Next

Du meme groupe

Vous pourriez aussi apprécier

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *