Nouveau départ pour Sordide, le trio rouennais a en effet connu une revue d’effectifs quelques mois avant d’attaquer la composition de ce cinquième album. Le bassiste Nebhen (officiant aussi chez Mòr) ayant décidé de quitter le navire au profit d’Ian (Vain Valkyries). Un changement n’altérant en rien les envies punk du groupe, révolté comme jamais dans ses lyrics.
Comme toujours, l’actualité politique et surtout la situation en France inspirent fortement Sordide qui infuse donc son black metal de cris de révolte aux contours essentiellement rebelles et antifascistes. Le trio créée par là une tension à vif unique via des riffs qui tranchent autant que leurs paroles vindicatives, renouant avec leur approche si singulière du genre, aussi incisive et crue que dissonante. Et ce, tout en ne négligeant pas leurs atours atmosphériques (qu’on trouve même ici plus généreusement qu’auparavant) comme pendant « Le cambouis et le carmin », ralentissant le rythme ou la conclusion « Tout est à la mort », qui ouvrent là des envies mélancoliques contrastant avec le sentiment d’oppression qu’ils se plaisent à distiller.
Avec ce Ainsi finit le jour, Sordide poursuit son sans-faute, instaurant un climat chaotique et brut envoyant chier tous les éléments de langage des politiques actuels (sans parler des médias) tout en appuyant sa facette atmo, renforçant alors son pouvoir captivant. Un album brillant paradoxalement par sa noirceur pour un groupe qui ne cesse de s’affirmer album après album.
- Des feux plus forts
- Nos cendres et nos rales
- Le cambouis et le carmin
- Sous vivre
- Banlieues rouges
- La poésie du caniveau
- Ainsi finit le jour
- La beauté du désastre
- Tout est à la mort
Sordide
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