Nous n’avions pas encore parlé de Ditz chez Eklektik, malgré la sortie en 2022 d’un très bon premier album intitulé The Great Regression. Un peu tard pour y revenir maintenant, pris dans le flux permanent de l’actualité, mais l’opportunité nous est heureusement offerte de revenir sur la sortie de leur deuxième album, ce Never Exhale paru en janvier 2025. Probablement le meilleur disque de post-punk ou assimilé que vous entendrez cette année (avec le Basic Partner). « Ou assimilé » car on est clairement avec Ditz sur un pan plus « noisy » que le commun des groupes de post-punk, et c’est d’ailleurs un aspect de sa personnalité que le groupe semble avoir encore affirmé depuis son premier album ce qui permet de rapprocher désormais également ponctuellement Ditz d’un Daughters.
Malgré cet abord plus rugueux par moments (avec parfois des dissonances assez marquées, « Space/Smile » en est un bon exemple) parfait pour installer quelques ambiances un peu sinistres par moments (cf « Smells Like Something Died in Here »), le groupe n’oublie pas pour autant les mélodies parfois très prenantes à l’image de l’excellent « Taxi Man » qui est le premier vrai titre de l’album et dont l’allure de tube donne clairement envie d’entendre la suite, même si celle-ci sera moins « confortable » (les autres titres étant moins accrocheurs) sans être moins intéressante. Après quelques écoutes tout l’album apparaît à la fois « logique » et finalement également accrocheur ou à tout le moins marquant avec même des passages quasiment dansants (« Four ») de façon assez inattendue.
Et tout cela sans même avoir encore évoqué le chant de Callum Francis qui constitue sans surprise un point fort du groupe, vous le savez si vous avez écouté le groupe auparavant puisque cela a toujours été le cas. Iel nous propose en effet une prestation hallucinée, entre tonalités désabusées et passages plus énervés, sous le signe de l’incarnation permanente et de l’investissement personnel absolu, avec en prime ce petit accent anglais qui colle décidément si bien au genre post-punk.
Si vous êtes amateur du genre, vous vous feriez bien du mal en passant à côté de ce petit bijou qui devrait figurer dans quelques tops annuels d’ici quelques mois.
Tracklist :
01 – V70
02 – Taxi Man
03 – Space/Smile
04 – Senor Siniestro
05 – Four
06 – God on a Speed Dial
07 – Smells like Something Died in Here
08 – 18 Wheeler
09 – The Body as a Structure
10 – britney
Ditz
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