Pas vraiment le pays le plus fameux niveau metal, la Lituanie regorge pourtant de groupes intéressants, à commencer par Erdve. Signé chez Season Of Mist depuis son premier album (Vaitojimas – 2017), le groupe revient après une longue période de remise en question avant cet Epigrama. Ayant eu besoin de repenser sa manière de faire de la musique, confronté notamment au deuil et au doute quant à la stagnation, le quartet a semble-t-il trouvé la solution à sa panne d’inspiration et revient ici avec un nouveau son, toujours aussi accablant.
Epigrama possède en effet une approche encore plus oppressante qu’à l’accoutumée, chaque titre étant doté d’un poids terrassant tout ce qui passe à proximité. Le son de basse donne dans le tellurique et complète idéalement les râles de Vaidotas Darulis, sonnant aussi en colère que désespéré, il contribue complètement à l’identité d’Erdve (et n’a jamais été placé aussi en avant niveau production).
Mais à côté de toute cette oppression, le contraste provient des guitares, ouvrant chaque titre à des atmosphères souvent plus aériennes ou empreintes d’une certaine fragilité, mais ce sans jamais faire retomber la tension (« Skepsis »). En tout cas, cette optique permet à cet album de trouver son équilibre entre destruction en mode martiale et émotions à vif derrière tout ce gras. Aussi, d’autres nuances plus surprenantes vont s’amener comme le final electro de « Trukmé », qui lui aussi, n’aura aucune incidence sur le climat, toujours glacial quoi qu’il arrive.
On obtient là un nouvel album passionnant de la part de ces trop méconnus lituaniens dont la remise en question a été salvatrice, Epigrama se révélant comme une énorme claque hautement recommandée aux amateurs de Will Haven, Neurosis ou encore Black Sheep Wall.
Erdve
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