Grosse pointure du post-hardcore US, Thrice a fortement modifié son angle d’attaque depuis plus de deux décennies ponctuées notamment par l’immédiat The Artist In The Ambulance (2003, mais ayant curieusement connu un réenregistrement nommé « revisited » en 2023) jusqu’à Horizons / East (2021) où la bande à Dustin Kensrue continue d’explorer un panel sonore encore plus dense. En voici (en quelque sorte) la seconde partie aujourd’hui.
Comme sur ce dernier, Thrice ouvre donc amplement son champ d’action, dévoilant titre après titre toute l’étendue de ses envies, expérimentant au gré de ses textures et happant l’auditeur au milieu d’une multitude d’émotions. Mais le groupe fait tout ça en renouant avec l’énergie de leurs débuts ! Ainsi, les surprises vont bon train et ce dès l’ouverture « Blackout » ou l’on démarre de façon aussi suave que mélancolique avant que leur facette hardcore ne vienne irradier son final.
Des ouvertures qui passent aussi par des envies de nuancer ses instrumentaux, passant d’un rock énergique aux contours presque metalcore (« Gnash » contient bien quelques breakdowns !) à des envies plus post-rock sur « Undertow » qui viendra surprendre avec sa batterie synthétique (de même sur l’interlude atmosphérique « Dusk »). Les ambiances sont variées et versent donc généreusement dans la mélancolie mais certains titres comme « Albatross » en prennent le contrepied en calant par la une noirceur sous-jacente derrière une sorte d’indie rock classieuse. Un aspect aussi affirmé sur « The Dark Glow » ou la conclusion « Unitive/West », entre folk ténébreuse (où Kensrue nous gratifie de sa meilleure voix de crooner) et effets minimalistes avant de terminer dans le brouillard.
On se retrouve donc avec une continuité expérimentale dans les tons d’Horizons / East mais paradoxalement aussi avec une sorte de retour aux sources confirmé par le réenregistrement de leur album de 2003… que le groupe ne renie donc pas ! Bref, du neuf et du vieux cohabitent dans cette seconde partie de diptyque, parmi la plus ouverte, intimiste mais aussi engageante qui soit. Thrice est donc toujours là, plus explorateur de sons que jamais et vient marquer l’année 2025 de son empreinte.
Thrice
jonben
il y a 11 moisIl y a de bons trucs sur cet album. Thrice est un groupe que j’aime depuis longtemps mais après Vheissu, qui date quand meme de 2005, j’ai toujours trouvé qu’ils tournaient en rond, dans une facilité indie rock dans laquelle ils se débrouillent bien cela dit mais qui me touche moins. J’aimais le Thrice emo/metalcore des 3 premiers et le tournant post-metal de Vheissu.
Sur ce nouveau, il y a bien « Gnash » sur lequel on retrouve un peu de niaque, le refrain est très bon mais ça fait peu, c’en est même un peu bizarre d’avoir cet unique morceau un peu Metal, de le choisir comme single quand le reste n’est pas dans le même style.
Yannick Peysale
il y a 11 moisAprès quelques écoutes il me plait beaucoup, ce groupe c’est vraiment quelque chose
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