Patrick Rondat – Escape from shadows
Chronique Metal Prog Instrumental

Patrick Rondat – Escape from shadows

Louiz' Mich'
Louiz' Mich'
Auteur
24 novembre 2025
il y a 9 mois
9,232 vues
Année de sortie
2025
Note
Un retour marquant après deux décennies d'absence, cet album propose un voyage immersif dans le metal prog instrumental, alliant complexité musicale et expressivité, avec des compositions riches et des musiciens talentueux qui soutiennent une ambiance chaleureuse et organique.
Patrick Rondat – Escape from shadows

20 piges. 20 piges que Patrick Rondat, à tout jamais le premier guitaréro français, celui qui a décomplexé les 6 cordistes hexagonaux, n’avait rien publié. Apparemment passé par de nombreuses épreuves, rien n’augurait qu’on réécouterait une compo de son cru un jour. La gestation de Escape from shadows (titre qui semble être un sacré résumé de cette période traversée) a été longue, douloureuse probablement. Et puis finalement le bébé est là, un très beau digipack dont l’artwork pose l’ambiance directement, à l’avenant des titres des morceaux.

20 ans après, on retrouve le style Patrick Rondat directement. Le maître de l’aller-retour, main droite de fer (écoutez comme il frappe ses cordes!) nous propose un superbe voyage au pays du metal prog instrumental, dans une continuité avec ses oeuvres passées qui étonne. Alors ici ce n’est pas couplet/refrain façon Joe Satriani (qui par ailleurs excelle en ce domaine), mais plutôt des compos à rallonge, alambiquées, rythmiques impaires, bref l’arsenal d’une musique complexe mais tellement réfléchie que ça passe tout debout à l’écoute. Pour autant c’est loin d’être du tout cuit, les premières écoutes on se dit « ouais c’est pas mal mais… ». C’est typiquement le genre d’album à qui il faut donner plusieurs chances avant qu’il ne se dévoile. Et puis soudain quand les ombres s’évaporent, la magie opère. Les mélodies nous imprègnent la tête, les rythmiques, vraiment ancrées dans la zik des 90s (qui slappe encore à la basse? Quelle caisse claire sonne aussi gras désormais?) tournent au poil, sur des tempo majoritairement mid tempo, voire parfois lent et très groove (Whispery hopes), des breaks bien assénés qui viennent casser le confort d’écoute… Une sacrée richesse de compo, on sent que le Patrick a bossé comme un dingue sur la fluidité et la cohérence de ses morceaux. S’il s’agit d’un album de guitare qui comporte de beaux passages bien intenses techniquement parlant, ce n’est pas pour autant qu’il en met partout. Passé un certain âge, ou acquise une certaine maturité, le besoin de montrer ce qu’on sait faire se mue en travail sur la musicalité et l’expressivité. Justesse des vibratos, sensibilité du toucher, choix des techniques (slide, bend, hammer etc.)… Voilà vraiment l’une des raisons de la réussite de cet album.

Les musiciens qui l’accompagnent sont au diapason du maître. Ils sont là, tout s’entend, y compris la basse qui propose vraiment des trucs sympas. Le clavier, un vrai analogique, apporte des couches qui enveloppent les morceaux, puis sait se faire plus présent quand le besoin se fait sentir. L’enregistrement, tout en prise micro (hé oui Patrick Rondat est d’une époque où les VST n’existaient pas, continue à faire comme à l’époque et c’est très bien ainsi), sonne du coup différent de ce qui se fait actuellement, avec un son chaud, organique, travaillé au scalpel. Petit bémol de ma part, le morceau Now we’re home, chanté et avec une ambiance vraiment différente du reste de l’album, dénote. Attention : intrinsèquement, c’est un très beau titre ! Mais un passage bluesy au milieu de morceaux qui nous emmènent voyager sur d’autres sphères casse un peu l’unité globale, même si je comprends tout à fait la nécessité d’une respiration autre. D’autant que la mélodie s’accroche assez facilement dans le crâne, et qu’il est difficile de s’en extirper alors qu’il reste du matériel à écouter derrière. Je confesse là une petite minauderie, c’est vraiment à chacun de se faire son idée, car au final on a là un bel album de guitare certes, mais surtout un chouette album de musique tout court. Un sacré retour aux affaire pour Patrick Rondat !

1 – Overture

2 – Fear and guilt

3 – Invisible wars

4 – Whispery hopes

5 – Back on track

6 – Escape from shadows

7 – Now we’re home

8 – Hold on to your dreams

9 – From nowhere

10 – Prelude and allegro

Artistes / Groupes

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Genre selon le Chroniqueur

Metal prog instrumental

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