Harboured – S/T

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Style: Post Sludge MetalAnnee de sortie: 2023

Sorti uniquement en version numérique, cet album très court (33 minutes) vaut néanmoins la peine de s’y arrêter. Du fait du casting du groupe déjà, au sein duquel on retrouve deux membres d’Allegaeon : Brandon Michael à la basse, mais surtout Michael Stancel, guitariste d’Allegaeon qui tient chez Harboured, en plus de la 6 cordes, le rôle de chanteur.

Et comme avec le dernier album d’Allegaeon, j’ai été particulièrement séduit par ce que propose Harboured sur ce premier album dans un registre assez différent de celui du premier.

Proposant une musique évoluant entre sludge atmosphérique et post metal, le groupe installe dès l’entame de l’album une ambiance assez sombre voire triste, mais où la rage semble également présente, rage qui s’exprime en particulier à travers les vocaux hurlés de Michael Stancel très convaincants mais qui pourraient sembler monotones si le frontman n’avait pas la bonne idée de proposer aussi quelques passages en voix claire, non pas pour marquer des refrains éventuels (la musique de Harboured n’étant pas structurée en bêtes couplets/refrains), mais plutôt pour accentuer sous forme de chœurs la tristesse sur certains passages comme sur l’excellent « Thy Own Destroyer », « Atlas to Fall » ou la conclusion de l’album avec le très mélancolique « The View ». Une batterie efficace et qui part même dans certains tempi bien rapides incluant de la double grosse caisse (comme sur le démarrage quasi black/death de « Far Barren ») contribue elle aussi très efficacement à la dynamique de l’ensemble.

Il se dégage une atmosphère qui m’a parfois fait penser à celle dégagée par Final Light, l’album du side-project du même nom de Perturbator et du frontman de Cult Of Luna, en moins synthétique évidemment (avec même des parties de guitare presque heavy metal sur ce titre, qui colorent de façon très agréable certains passages), et en un peu (voire beaucoup) plus up-tempo. Outre la voix hurlée de Stancel, le synthé (?) qu’on entend au début du titre « Atlas to Fall », au milieu de « Far Barren » et sur une grande partie de « The View » (sur lequel on trouve aussi des cuivres qui accompagnent la conclusion du titre et de l’album) n’est certainement pas non plus pour rien dans l’impression laissée dans ce sens.

L’album passe vite forcément, ce que l’on pourrait lui reprocher, s’il n’y avait pas par ailleurs rien à jeter dans les 6 titres proposés qui sont vraiment excellents : on peut en conséquence facilement se passer l’album très souvent compte de tenu de sa durée modeste, avec un plaisir renouvelé à chaque écoute. L’air de rien, cet album vers lequel je reviens souvent s’est au final imposé à moi comme un album d’ores et déjà à retenir au titre de l’année 2023. En espérant qu’il ne reste pas enfant unique, cette formation ayant manifestement un potentiel très intéressant. A suivre donc!

Tracklist :
01 – Anterior
02 – Impermanent Cell
03 – Thy Own Destroyer
04 – Atlas to Fall
05 – Far Barren
06 – The View

krakoukass

Chroniqueur

krakoukass

Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben.

krakoukass a écrit 1166 articles sur Eklektik.

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