Orphaned Land – Mabool, The Story of the Three Sons of Seven
Anthologik Chronique Metal Progressif Oriental

Orphaned Land – Mabool, The Story of the Three Sons of Seven

jonben
jonben
Auteur
8 décembre 2025
il y a 9 mois
1 commentaire
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Année de sortie
2004
Note
Album majeur du groupe Israélien, Mabool se distingue par son approche unique du Metal Progressif, alliant des mélodies orientales à des riffs puissants et des éléments acoustiques, tout en développant une narration spirituelle riche qui évoque des thèmes de paix entre les religions, dans une fresque musicale contrastée.
Orphaned Land – Mabool, The Story of the Three Sons of Seven

Je m’étonnais récemment que nous n’ayions jamais chroniqué Mabool sur Eklektik. Il faut dire qu’il est sorti en 2004, l’année de création du webzine. Pourtant, je me rappelle que l’appréciation pour cet album était à l’époque partagée par plus ou moins tous les chroniqueurs, tant il cochait toutes les cases, dans un style si unique qu’il pouvait plaire à quiconque. Et force est de constater que Mabool n’a pas pris une ride. Il demeure l’une des pierres angulaires du Metal Progressif, et plus encore la référence absolue d’un Metal oriental dont Orphaned Land, qui continue à tourner de nos jours, reste l’ambassadeur incontesté.

Orphaned Land est un groupe israélien né dans les années 90, qui évoluait au départ dans un Death Metal inspiré par les premiers groupes du genre. Mais rapidement, leur musique porta l’empreinte d’un héritage géographique et culturel fort. Sahara (1994) et surtout El Norra Alila (1996) développaient déjà une identité orientale affirmée. Mabool, leur troisième album, en est l’aboutissement total : un concept-album ambitieux, spirituel, virtuose et parfaitement maîtrisé.

Mabool signifie « déluge » en hébreu, et l’album raconte une fable biblique imaginée par le groupe.
Seven, figure du Dieu tout-puissant, envoie sur Terre trois fils représentant les trois religions abrahamiques. Ils reçoivent l’interdiction formelle de se réunir, de peur que leur union ne devienne trop puissante. Mais ils désobéissent, provoquant la colère divine et le déclenchement du Déluge. Pour survivre, ils construisent une arche, racontée dans l’acoustique « Building the Ark ». Le récit fait écho à Noé, sans jamais s’y superposer.

Cette trame symbolique fonctionne d’autant mieux qu’elle s’alimente d’une vraie profondeur spirituelle : citations de la Genèse, chants yéménites traditionnels interprétés par une chanteuse, prière de Yom Kippour sur « Nora El Nora ». L’album aborde clairement un message de paix entre les religions, motif récurrent d’Orphaned Land.

Le Metal à mélodies orientales est un sous-genre plutôt rare. Avec Mabool, Orphaned Land en explore littéralement toutes les potentialités : riffs puissants encore marqués par le Death originel, gammes modales typiquement moyen-orientales (incluant des quarts de ton), interventions d’ouds, bouzoukis, percussions traditionnelles, mais aussi de pianos, de chœurs, violons, orchestrations.

Tous les ingrédients sont là pour développer une fresque ambitieuse et l’album déploie 70 minutes d’une musique contrastée, entre ombre et lumière : plages acoustiques, élans mystiques, violences rythmiques, interludes narratifs, progressions dramatiques qui culminent avec l’enchaînement « Mabool » / « The Storm Still Rages On », un bloc de près de 15 minutes, riche en motifs récurrents, culminant dans une section aux accents hispanisants.

Le groupe n’hésite pas à ralentir pour laisser respirer l’auditeur avec des passages acoustiques avant de revenir vers une intensité plus lourde, sans jamais perdre son fil conducteur, growls et guitares saturées n’étant jamais oubliées.

Kobi Farhi, au centre du dispositif, alterne un chant clair chaleureux et un growl expressif qui rappelle le passé extrême du groupe. Le batteur apporte ponctuellement des voix saturées supplémentaires, accentuant les contrastes. Mais l’apport le plus marquant reste celui de Shlomit Levi, dont les interventions en chant yéménite (« The Kiss of Babylon ») ajoutent une dimension rituelle et une force dramatique saisissante.

Pour ma part, je dois reconnaître que je n’avais aucun attrait particulier pour les mélodies orientales avant de découvrir cet album. Mabool a été pour moi une révélation : la démonstration qu’un groupe peut, en fusionnant une identité culturelle profonde avec un Metal progressif ouvert et aventureux, créer une œuvre totale, singulière et indélébile. La richesse compositionnelle, l’ambition narrative et la cohérence spirituelle de l’ensemble font de Mabool pas seulement un grand disque mais un classique absolu du Metal Progressif moderne, et l’un des rares albums capables d’ouvrir des horizons culturels et émotionnels à ceux qui s’y plongent.

Artistes / Groupes

Record Label

Genre selon le Chroniqueur

Metal Progressif Oriental
jonben

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Krakoukass et moi avons fondé Eklektik en 2004, peu après mon installation à Paris, à la suite de la disparition du webzine dont le forum avait été notre terrain d’échanges. Avec des parcours musicaux proches, entre rock et metal, nous partagions le goût de l’ouverture et de la découverte permanente de nouveaux sons. Au fil du temps, mes goûts se sont affinés : je m’intéresse surtout aux groupes et styles des années 90 à aujourd’hui, avec une touche de 70s. J’ai longtemps profité des concerts parisiens et des festivals européens, et j’ai également joué de la guitare plusieurs années au sein d’Abzalon. Mes terrains de prédilection restent le metal/hardcore, le death technique, le sludge/postcore et le rock/metal progressif, avec des escapades régulières du côté du jazz fusion et du funk.

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1 commentaire

RBD

il y a 9 mois

C’est leur album le plus progressif à ce jour, et encore une référence c’est clair. Ce trait Prog’ a un peu reflué par la suite au profit du Folk, sans disparaître tout à fait : le côté conceptuel est présent sur chaque disque. C’est en partie à cause de cet aspect Prog’ plus affirmé que jamais qu’il garde un statut à part pour les fans, il est toujours largement présent dans les setlists. Je trouve qu’il baisse un peu vers la fin (il est long), mais n’a pas du tout vieilli en effet. C’était aussi un disque de reformation, particulièrement travaillé en amont.

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