J’assiste à un concert de Haken à Bangkok en 2024.
Après mon article sur le Metal Progressif, qui se voulait plutôt neutre et “encyclopédique”, j’aborde désormais le sujet d’une façon plus personnelle, dans l’idée de sélectionner également une série de chroniques du webzine en référence à mes goûts en la matière.
Itinéraire d’un fan devenu obsédé
On ne « tombe » pas dans le metal progressif. On y glisse, presque malgré soi, en suivant des pistes qui semblent éloignées les unes des autres mais qui finissent par tracer un chemin cohérent. Mon propre parcours a commencé comme celui de beaucoup d’adolescents des années 2000 : quelques clips téléchargés à l’arrache sur eMule ou KaZaA, des soirées à écumer MCM, MTV2 ou les compilations « Metal » qu’on se passait entre potes. À cette époque, je n’avais aucune idée de ce qu’était le metal progressif. J’étais simplement fasciné par l’idée qu’un morceau puisse durer plus de dix minutes sans me perdre.
Mes premiers pas dans la musique passaient forcément par des écoutes familiales, en particulier sur l’autoradio lors des longs voyages en voiture pour les vacances. Je me rappelle surtout de l’Unplugged d’Eric Clapton (1992) sur les routes de l’Ouest américain — nous vivions aux États-Unis à ce moment-là. Je commençais aussi à écouter les cassettes et CD de mon père sur la chaîne hi-fi du salon ; j’ai eu la chance d’avoir un père aux goûts assez variés. Cela dit, je zappais alors le classique et le jazz, et je préférais les Beatles, Creedence Clearwater Revival ou Pink Floyd.
Le premier album que j’ai acheté, en commun avec ma petite sœur, fut Dangerous de Michael Jackson (1991). On avait sans doute vu les clips à la télé. “Black or White”, c’était quand même du rock — l’intro est jouée par Slash de Guns N’ Roses. Mon premier achat seul fut la cassette du premier album de Rage Against the Machine en 1993. Je me souviens avoir caché la jaquette à ma grand-mère jusqu’au passage en caisse : pas sûr qu’elle me l’aurait acheté en voyant le moine immolé sur la pochette, et encore moins après écoute.
Puis j’ai acheté en CD le Black Album de Metallica (1991), que j’ai ensuite copié sur une cassette vierge pour pouvoir l’échanger à la Fnac contre le premier album de Korn tout juste sorti, en 1994.
Bref, j’étais attiré par le rock et le metal dès mes 13–14 ans. J’achetais les magazines papier de l’époque — Rock Sound, Metal Hammer, Kerrang! — qui sortaient parfois avec un CD compilation.
La première porte : Dream Theater et l’ère des clips téléchargés
Le premier groupe que j’associe vraiment au mot « progressif », c’est Dream Theater. Comme beaucoup, je suis tombé sur eux via les singles, puis Metropolis Pt. 2 ou Six Degrees of Inner Turbulence, des albums qui concentrent à la fois tout ce qui impressionne et tout ce qui rebute dans le genre. C’était le groupe de prog metal que l’on pouvait entendre facilement, celui qui passait parfois à la radio. À la fin des années 90, on regardait MTV ou MCM, et on téléchargeait des clips via torrents ou eMule : on y découvrait un peu tout et n’importe quoi dans le Metal.
Je respectais la virtuosité — impossible de ne pas être impressionné par la technique. Mais quelque chose manquait. La voix de James LaBrie me laissait perplexe : trop lyrique, presque théâtrale, elle ne collait pas avec ma sensibilité de l’époque. Et puis il y avait ces claviers très 80s, ces structures ultra-académiques, cette démonstration permanente. Je les ai vus plusieurs fois en concert : toujours impeccables musicalement, mais avec cette fragilité vocale qui pouvait gâcher un moment, et surtout ce sentiment d’assister à une performance plus qu’à une expérience.
Dream Theater était la porte d’entrée évidente du Prog Metal, celle que tout le monde franchissait. Mais pour moi, ce n’était qu’un sas d’attente. Il me fallait autre chose — quelque chose de plus brut, de moins démonstratif, de plus viscéral.
Les débuts de l’éclectisme
À l’époque, j’écoutais déjà beaucoup de choses différentes dans le Metal : bien sûr du Grunge et du Néo Metal, mais j’étais également fan de groupes plus Rock, de Oasis et Radiohead par exemple. J’avais aussi des amis branchés Death et Black Metal, tandis que le mainstream se partageait entre Pantera et Sepultura. De mon côté, je découvrais seul le Metal/Hardcore sur des compilations. “Imprint” de Vision of Disorder fut ma première claque, découvert sur un CD du magazine Rocksound. Puis vint la vague metalcore avec Alive or Just Breathing de Killswitch Engage en 2002.
C’est aussi à cette époque que je découvris At the Drive-In avec Relationship of Command (2001), trouvé à la cédéthèque de la ville où j’étais étudiant. J’habitais juste en face et j’y allais plusieurs fois par semaine. La bibliothèque achetait régulièrement les nouvelles sorties rock/metal. Je remercie ce bibliothécaire anonyme — pas particulièrement métalleux, mais qui faisait très bien son travail de sélection.
Quel est le rapport avec le metal progressif ? Justement : le fait d’avoir des goûts déjà variés m’a permis de m’intéresser d’abord au prog metal “classique”, puis de suivre toutes ses ramifications, y compris celles qui débordent sur le metal extrême ou le metalcore.
La révélation : Pain of Salvation dans une médiathèque
J’étais pourtant réticent au Heavy Metal, surtout à ses vocalistes et l’ambiance en général que je trouvais outrancières et kitsch. Je refusais aussi tout ce qui contenait des claviers ou des synthés : pour moi, le Metal devait être exclusivement fait de guitares. À l’époque, je rejetais même tout instrument à vent, alors que j’apprécie beaucoup le jazz aujourd’hui.
En heavy, j’avais tout de même accroché à quelques albums d’Iron Maiden, notamment Fear of the Dark, mais sans approfondir leur discographie.
Pourtant, par un retournement que je ne m’explique pas encore, ma véritable entrée dans le Metal Progressif s’est faite avec Pain of Salvation. C’est que tout ce que j’écoutais à l’époque m’avait préparé sans que je le sache à accepter le progressif, mais sous une forme différente : moins démonstrative, plus organique. J’ai emprunté à cette même discothèque Remedy Lane (2002), leur quatrième album, à sa sortie et j’ai immédiatement accroché.
Je ne sais plus comment j’avais entendu parler du groupe — probablement dans un magazine. Malgré une première réticence au chant, la sensibilité de Daniel Gildenlöw m’a vite touché. Mais ce sont surtout l’originalité des compositions, les structures mouvantes et cette façon de faire du metal à la fois technique et viscéral qui m’ont marqué. J’avais l’impression d’avoir trouvé mon groupe.
Remedy Lane s’est imposé comme un chef-d’œuvre pour moi, et il l’est d’ailleurs pour beaucoup : un album conceptuel dense, existentiel, porté par une intensité émotionnelle rare.
Rétrospectivement, mes deux révélations de l’époque — At the Drive-In et Pain of Salvation — étaient totalement opposées. Et pourtant, c’est cette tension qui m’a ouvert la porte du progressif.
Les piliers qui ont élargi l’horizon
Viennent ensuite trois groupes qui ont complètement redéfini mes attentes :
- Cynic, avec Focus puis Traced in Air : mélange unique de death technique, jazz fusion et vocoders éthérés.
- Opeth, via Blackwater Park, puis surtout Deliverance / Damnation : le diptyque qui m’a fait comprendre qu’on pouvait juxtaposer du death sombre et du rock 70s mélancolique avec une cohérence absolue.
- Meshuggah, à partir de Nothing, puis en remontant vers Chaosphere : la claque rythmique, le côté mathématique et hypnotique, une autre manière de concevoir “l’extrême”.
Mes découvertes plus « personnelles » : The Postman Syndrome, Sikth, etc.
En parallèle, je tombais sur des groupes moins connus mais tout aussi importants pour mon parcours :
- The Postman Syndrome, un ovni Prog/Post-Hardcore/Rock alternatif qui préfigurait East of the Wall, formé plus tard par les mêmes musiciens. Je découvrais le groupe par hasard sur le net et devenais obsédé par leur album Terraforming. Je pense être un des premiers, si ce n’est seul, Français à l’avoir commandé des US direct au groupe.
- Sikth, avec The Trees Are Dead & Dried Out puis Death of a Dead Day : un metal fracturé et hystérique annonçant le djent avant l’heure. Leur chaos contrôlé faisait le pont entre le metalcore que j’aimais et le progressif mathématique qui allait venir. Les clips tirés de leur 1er EP, morceaux qu’on retrouvera sur le premier l’album étaient cultes pour moi et ma bande de potes musiciens à l’époque.
Quand le metal prog devient massif
Tool occupe une place à part dans mon parcours. Je les ai découverts relativement tard, avec Ænima, mais c’est Lateralus (2001) qui a vraiment fait tilt. Leur progressif est organique, tribal, hypnotique. Les morceaux se construisent par accumulation, par répétition, par montées lentes et explosions contrôlées. La section rythmique définit leur identité bien plus que les guitares. Tool reste pour moi un groupe « outsider » : ni vraiment Prog Metal académique, ni Metal Alternatif basique. Juste Tool.
J’ai eu la chance de découvrir Gojira très tôt. J’étais à Paris lors de l’époque Terra Incognita (2001), et j’ai vu leurs premiers concerts. C’était le groupe dont tout le monde parlait. J’ai accroché immédiatement au premier album, mais c’est From Mars to Sirius (2005) qui fut la véritable claque. Leur death technique, leur conscience écologique et leur sens du groove étaient uniques.
Dans le même temps, je découvrais Mastodon dès leur premier EP, abordant également les genres autour du Metal/Hardcore, Post-Hardcore et du Sludge, mais c’est avec Leviathan puis Crack the Skye que le groupe explosera comme figure du Metal Prog.
Katatonia: la branche mélancolique
Katatonia était omniprésent dans le milieu Metal. Leur évolution vers un Rock mélancolique m’attirait moins au début, mais j’ai réellement accroché avec Viva Emptiness (2003). Leur concert avec Opeth en 2003 reste un grand souvenir. Puis vint The Great Cold Distance : deux monuments du metal sombre et mélancolique. Leurs albums suivants étaient moins homogènes mais toujours intéressants.
Le progressif extrême
Puis vinrent deux révélations majeures :
- Between the Buried and Me, avec Alaska puis Colors, et leur capacité à passer d’un deathcore explosif à un jazz absurde en quelques mesures.
- Protest the Hero, groupe hyper technique à la voix punk totalement atypique, que j’ai adoré immédiatement.
Je n’étais pas très attiré par le Prog traditionnel, mais Nevermore a fait exception : leur mélange thrash/prog, porté par Warrel Dane et Jeff Loomis, m’a profondément marqué.
Les autres découvertes qui ont complété le tableau
Parallèlement à ces piliers, d’autres découvertes ont affiné ma compréhension du genre, chacune apportant une nuance spécifique.
Arcturus m’a ouvert les portes d’un Metal avant-gardiste totalement cosmique, où les claviers que je rejetais au départ devenaient enfin intéressants — parce qu’ils servaient une vraie vision, pas juste un vernis symphonique. Toute une galaxie de groupes qui ont suivi : Spiral Architect, Ark (Burn the Sun), Ram-Zet, Ephel Duath, Extol, Wolverine, Orphaned Land, ou encore Frantic Bleep. Chacun représentait une facette différente, une manière spécifique de tordre les règles.
Disillusion et leur album Back to Times of Splendor (2004) m’ont montré qu’on pouvait fusionner death progressif et orchestrations sans tomber dans le pompeux. C’était grandiose et intime à la fois, épique sans être théâtral — exactement ce que je cherchais.
Sur le tard, je plongeais également dans le Rock Progressif des années 70, après les Beatles et Pink Floyd, je creusais Yes, Gentle Giant, King Crimson, Genesis, Camel et tous les autres. Tout cela a contribué à ma compréhension globale de ce qu’on appelle “prog”.
Conclusion : le metal progressif, un langage qu’on apprend en avançant
Aujourd’hui encore, c’est un territoire dans lequel je continue d’avancer. Non pas parce que j’attends un chef-d’œuvre, mais parce que ce style n’a jamais cessé de m’ouvrir des portes.
En repensant à tout ce parcours, je me retrouve en 2024 dans une salle de concert à Bangkok, devant Haken — le groupe qui représente le mieux le Prog moderne de 2025 à mon avis.
Je n’ai jamais décidé d’écouter du Metal Progressif. Je l’ai découvert par couches successives : la virtuosité m’a d’abord impressionné, puis l’émotion brute m’a touché, ensuite l’expérimentation extrême m’a fasciné, et enfin les métissages modernes m’ont convaincu qu’il n’y avait pas de limites.
Chaque groupe a repoussé un peu plus mes frontières, jusqu’à dessiner une carte très personnelle du genre — une carte qui continue de s’étendre. Parce que le Metal Progressif n’est pas un territoire qu’on conquiert, c’est un langage qu’on apprend en avançant, mot après mot, album après album.
Et visiblement, je ne suis pas près d’en avoir fait le tour.
Voici une sélection d’albums qui ne prétend ni à l’exhaustivité ni à l’objectivité. Elle reflète avant tout les chroniques que l’on trouve sur Eklektik Rock et mon parcours personnel à travers le Metal Progressif, fait de découvertes successives, de chocs esthétiques et de déplacements progressifs du centre de gravité du genre. Ces disques ont marqué des étapes clés dans ma manière d’écouter et de comprendre le Prog : certains m’y ont fait entrer, d’autres en ont élargi les contours, d’autres encore ont remis en question ses codes établis. Ensemble, ils dessinent une cartographie subjective d’un genre en mutation permanente, où la technicité n’a de sens que lorsqu’elle sert l’émotion, la narration ou la prise de risque.
Pain of Salvation – Remedy Lane (2025)
Mon véritable point d’entrée dans le metal progressif. Un album intime, fragile, presque inconfortable par moments, où la complexité sert avant tout l’émotion. Plus qu’un disque technique, Remedy Lane m’a montré que le prog pouvait être profondément humain.
Opeth – Blackwater Park (2025)
L’album qui m’a fait accepter la coexistence naturelle entre violence extrême et mélancolie profonde. Blackwater Park est massif, sombre, répétitif parfois, mais d’une cohérence absolue. Une pièce maîtresse du death metal progressif.
Meshuggah – Nothing (Remastered) (2006)
Une redéfinition totale de la lourdeur et du groove. Plus qu’un album, Nothing est un manifeste rythmique, presque abstrait, qui m’a fait comprendre que le progressif pouvait être mathématique sans jamais être froid.
Cynic – Focus (2007)
Un choc esthétique. Focus est un disque hors du temps, à la croisée du death technique, du jazz fusion et d’une spiritualité étrange. Un album qui a élargi ma définition même de ce que le metal pouvait contenir.
Tool – Lateralus (2025)
L’album où Tool trouve son équilibre parfait entre rigueur conceptuelle et puissance émotionnelle. Lateralus fonctionne comme une spirale : répétitions, montées progressives, structures mathématiques et tension permanente au service d’une expérience presque méditative.
Sikth – The Trees Are Dead and Dried Out (2003)
Un chaos organisé, hystérique, déroutant. Cet album m’a ouvert les portes d’un metal fracturé, imprévisible, où la folie apparente cache une écriture extrêmement rigoureuse. Une influence souterraine majeure.
The Postman Syndrome – Terraforming (2003)
Un ovni total. Difficile à classer, parfois maladroit, mais incroyablement libre. Terraforming annonçait déjà une autre manière de penser le prog, plus alternative, plus émotionnelle, loin des canons établis.
Gojira – From Mars to Sirius (2005)
L’album qui a fait basculer Gojira dans une autre dimension. Une lourdeur hypnotique, un discours écologique assumé, et un sens du riff cyclique qui donne au disque une force quasi rituelle.
Mastodon – Crack the Skye (2009)
Le moment où Mastodon devient pleinement progressif. Un album conceptuel ambitieux, plus mélodique, plus introspectif, sans jamais renier sa lourdeur. Une œuvre de transition parfaitement maîtrisée.
Between The Buried And Me – Colors (2007)
Un album qui repousse toutes les limites. Une heure sans répit, où tout cohabite : deathcore, jazz, prog 70s, absurdité et virtuosité. Colors m’a montré qu’on pouvait être excessif sans perdre le fil.
Katatonia – The Great Cold Distance (2006)
Un monument de mélancolie froide et moderne. Cet album marque pour moi l’équilibre parfait entre rock progressif, metal et désespoir nordique. Une ambiance plus qu’une démonstration.
Protest The Hero – Kezia (2007)
Un prog jeune, nerveux, presque punk dans l’esprit. Kezia combine une technicité folle avec une énergie et une ironie rafraîchissantes. Une porte d’entrée idéale vers un prog décomplexé.
Nevermore – This Godless Endeavor (2005)
Un sommet de noirceur et de sophistication. Nevermore y pousse son metal progressif vers quelque chose de profondément désespéré, porté par une écriture dense et une tension permanente.
Orphaned Land – Mabool, The Story of the Three Sons of Seven (2025)
Un album ambitieux, dense, parfois excessif, mais unique dans sa manière de fusionner metal progressif et influences orientales. Un disque qui dépasse largement le cadre musical pour devenir presque politique et spirituel.
Disillusion – Back to Times of Splendor (2004)
Un chef-d’œuvre discret. Peu d’albums m’ont autant marqué par leur narration, leur mélancolie et leur cohérence globale. Une œuvre profondément émotive, injustement sous-estimée.















Between The Buried And Me
RBD
il y a 8 moisC’est bien de se retourner en chemin pour réfléchir à son parcours. Ce n’est jamais logique, mais toujours une affaire de rencontres – musicales.
N’étant pas autant passionné que toi, mon voyage à moi a commencé plus tard et reste plus limité. J’étais déjà un Métalleux installé depuis pas mal d’années quand un ami m’a initié à Opeth et Orphaned Land. Avec le recul, je crois que la part mélancolique d’Opeth a été le moyen par lequel j’ai pu accrocher à la substance Progressive, à trouver un mode d’expression par le Metal qui me touchait mieux que tout le Doom. Ma difficulté avec leur virage pur Prog’ des années 2010 m’a convaincu que je n’étais pas fait pour le vrai Rock Progressif au-delà. De même, l’évolution d’Orphaned Land vers le Folk a sans doute facilité ma fidélité à leur égard.
Nous avons eu quelques points communs dans le parcours (Disillusion…). J’ai du mal à voir classer certains noms dans le Progressif mais il s’agit de témoigner de ton expérience, n’y revenons pas.
J’ai quelques autres groupes souvent classés dans le Metal Prog’ dont je suis fan comme In Vain, 7 Horns 7 Eyes, Paean… Et j’apprécie les évolutions vers ce terrain prises par Gojira ou les derniers Sepultura.
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