Déjà quatre ans que Gros Enfant Mort a sorti La Banalité du Mal, second album du désormais quartet poitevin (le projet ayant été démarré sous forme de one-man band) ayant marqué les esprits à l’époque (aussi sur scène puisque le groupe avait alors sillonné l’Europe, notamment lors de l’ultime édition du Fluff Fest en 2023). Le groupe s’est remis à composer puisqu’arrive Le Sang Des Pierres.
Si l’album précédent décrivait la « banale » cruauté de la société actuelle et par extension de la vie de tous les jours, ce nouvel album en décrit la conséquence directe: la dépression. Passant par de nombreuses étapes de cet état avec ses hauts et surtout ses bas, le groupe l’illustre en livrant de nouvelles compos aussi denses que chaotiques, passant de l’euphorie au désespoir à de nombreuses reprises.
S’inscrivant toujours du côté de Daïtro, Sed Non Satiata ou encore Amanda Woodward, leur screamo mixé au post-hardcore allie tension et fragilité, mélodies amères et rage explosive dans un même écrin (l’un des meilleurs exemples condensant tout ça étant « Château de cartes »).
Invitant à sa table les excellents Gillian Carter sur « Saigne! Saigne! Saigne! » (au riff principal obsédant), on se rend compte combien la dualité français/anglais sied aussi parfaitement bien à leur son. Optant parfois pour un son plus métallique comme sur « 3114 » avec ce son de basse grassouillet lui servant d’intro (aussi avec quelques blastbeats sur « Merci les cendres ») ou pour un phrasé plus rapide avec les spoken words de « Paillasson 4ever » (aux paroles toujours très bien écrites), on a là un riche éventail, large mais formant un ensemble cohérent faisant une nouvelle fois toute la personnalité du projet.
Maîtrisé de bout en bout dans toute sa variété, Le Sang Des Pierres frappe fort et juste, affrontant la douleur et la cruauté des éléments mais restant debout. Nous ne sommes qu’en janvier et voici déjà l’un des albums de 2026.
Gros Enfant Mort
Soyez le premier à partager votre avis !
Laisser un commentaire