Monté en 2024 par d’anciens membres de Gravpel (excellent black metal suisse), Nidelgret a su d’emblée se distinguer en enregistrant son premier album avec Marc Obrist (Zeal & Ardor) et au mastering signé Andy Rosczyk (membre de Ultha), bref des pointures dans leur domaine.
Trauerlärm (bruit de deuil) propose un black metal particulièrement âcre, catalogué en « non dogmatique ». Basé sur un riffing frénétique (dès son intro) qui se voit pris dans une production à l’ancienne, Nidelgret ne souhaite pas correspondre à une étiquette toute faite, puisant ses influences dans tout plein de genres annexes. Des influences plutôt discrètes car il s’agit bien de black metal qu’on entend, un black très cru, ravageur, dissonant, ayant remplacé l’eau limpide de ses cascades par de l’acide.
Surplombé par des vocaux perçants, ce premier album est loin d’être une partie de plaisir car tout n’y est que colère et ressentiment joué à un train d’enfer. Et le tourbillon infernal créé par les suisses se vit intensément, amenant l’auditeur dans une sorte de transe, tant grâce à l’aspect répétitif des structures que via les détails, parfois étonnants, qui s’y trouvent (notamment le break qui va du côté de l’electro de « The disappointment that follows you to bed is keeping you awake at night » ou le final de « Hope’s alive », ce qui intensifie leur facette cauchemardesque), on citera aussi l’aspect plus atmosphérique de la conclusion « Gazing Into Nothingness », particulièrement hypnotique.
On obtient au final une exploration du deuil en mode sauvagerie parmi la plus insidieuse qui soit. L’urgence, l’aspect tranchant de la prod, la puissance dégagée tout comme ces cris inhumains, autant d’éléments faisant de ce Trauerlärm un album sacrément éprouvant mais aux subtilités se dévoilant écoute après écoute. Trop cru au premier abord ? Laissez lui donc sa chance ! De remarquables débuts.
Nidelgret
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