« Cet album se concentre sur tout ce qui me révolte dans le monde moderne. L’IA, les génocides, le changement climatique, les élites au pouvoir, ces porcs qui accumulent le fric… toute cette merde nous pourrit la vie, à toi comme à moi. » C’est en ces termes que Raygun Busch, son frontman, nous présente Who Loves The Sun, troisième album de Chat Pile sortant quelques mois après leur deux-titres (dont une reprise de Nirvana) chez Sub Pop, et moins d’un an après leur In The Earth Again (album enregistré en collaboration avec Hayden Pedigo).
Une impression de quasi omniprésence pour le groupe d’Oklahoma City tant il ne s’accorde aucun répit entre tournées incessantes (récemment en Europe en compagnie de Ragana), réalisations de clips à l’univers toujours aussi singulier et écriture de nouveaux morceaux. Who Loves The Sun réitère avec leur son particulier, appuyé par une caisse claire clinquante signature, une basse digne des débuts du néo metal et d’un chanteur habité, tantôt désenchanté, tantôt éructant comme un alcoolique en manque.
Ainsi, sans trop surprendre, des titres comme « Deep Blue », « PEN I S MALL », « Influence » ou le dominé par les spoken words « Family Funeral » prennent la suite de leur déjà riche discographie entre folie furieuse noisy et dépression, trouvant l’équilibre entre gras et torturé comme ils savent si bien le faire. Mais à côté de ça, certaines propositions plus softs sortent des clous tel « Same Rules », tout en retenue avec un intéressant jeu sur les harmonies de manière plus sensible (avant que tout ne pète sur la fin), « Christabel ’26 » où le grain se veut curieusement planant ou encore « Intruder » (aux riffs étonnants d’obédience Primus et accompagnés de vocaux féminins – les chanteuses de Nightosphere – sur les refrains). Who Loves The Sun se termine par un « October All The Time », sorte de folk décharnée comme issue de chutes de leur album avec Pedigo.
On obtient là une suite logique à leur Cool World, la déprime et le malaise exhalant leur noise rock « marque de fabrique » reconnaissable entre mille. Ajouté à ça quelques nouveaux éléments mélodiques plus doux pas du tout hors propos (bien au contraire), on obtient là une nouvelle addition à leur sans faute discographique. Alors que les températures caniculaires semblent s’être calmées (du moins à l’heure où j’écris ces lignes), Chat Pile vient prolonger ce sentiment de moiteur caractéristique avec ce nouvel album, simplement indispensable.
Chat Pile
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il y a 1 moisHâte de poser l’oreille là dessus
Krakou
il y a 1 moisPour moi tout simplement le meilleur de leurs 3 albums, et un des prétendants à la couronne de l’année!
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