4ème album du groupe, MTNT (pour Mutant) voit le groupe bisontin poursuivre dans la voie déjà largement débroussaillée sur ses précédents opus, même si ce tout nouvel album semble les voir revenir à une intensité et une agressivité qui s’était un peu estompée sur Body. Mais une agressivité toujours contrastée, l’indus de Horskh misant toujours sur l’efficacité et le côté direct de compositions toujours majoritairement courtes, les titres se situant souvent sous les 3 minutes, et les dépassant à peine sur les autres. Résultat, MTNT est expédié en 27 minutes malgré 10 titres au menu. Visuellement on se situe toujours dans la mouvance futuriste, cyberpunk, qui se marie bien avec l’indus techno du groupe, cette photo saisissante du mannequin choisi avec les cheveux courts blonds et les yeux rouges évoquant immédiatement (inconsciemment) un futur sombre et dominé par les machines.
J’avoue ne jamais jusqu’ici avoir été complètement convaincu par ce que proposaient les français, c’est pourquoi MTNT s’est avéré au final constituer une très bonne surprise grâce à des morceaux franchement imparables au format finalement très pop malgré l’agressivité plutôt marquée de l’album. Le tempo est en effet presque toujours plutôt rapide, et le groupe aligne les pépites à l’image de l’ouverture « Bad Glitch », de « Twisted Flesh », « Dream » (dont l’agressivité contraste avec le titre) ou du titre « Hyperhuman » qui avait été balancé en amuse-bouche. Même les titres plus contrastés atteignent leur cible et s’avèrent infectieux à l’image du superbe « Strange Game » aux influences quasi new-wave/post-punk (on pense un peu à Killing Joke) et sur lequel le chant de Bastien apparaît plus convaincant que jamais (évoquant un peu celui du chanteur de Shihad). Une expérience à renouveler et un genre à creuser tant il convient bien à Horskh. « The Party is Over » qui apparaît un peu plus loin dans la tracklist, présente une facette presque trap, et là encore l’expérimentation fonctionne bien, la mélancolie du titre représentant une aération bienvenue avant d’entamer la dernière ligne droite de l’album.
Sur « Target Fades » ce sont des sonorités électro/darkwave qui dominent les débats, avec un refrain bien arraché, là encore Horskh fait mouche. « Quicksand » présente quant à lui des sonorités rappelant KoRn, et des rythmiques presque dubstep mais le titre manque un peu d’accroche pour égaler les autres à mon sens.
L’album se termine avec un « Connected » très mélodique et tubesque sur lequel le groupe a convié l’incontournable Carpenter Brut pour achever l’audience en beauté. Une petite tuerie d’efficacité pas si synthwave que ça, finalement bien à l’image de ce très bon album des bisontins, pour moi le meilleur de leur répertoire, même si leur volonté d’exploration/d’expérimentation à laquelle on souscrit ici totalement pourrait déplaire aux plus puristes amateurs du côté radical techno/indus des débuts.
Tracklist :
01 – Bad Glitch
02 – Glow
03 – Hyperhuman
04 – Strange Game
05 – Twisted Flesh
06 – Target Fades
07 – Quicksand
08 – The Party is Over
09 – Dream
10 – Connected (feat. Carpenter Brut)
Horskh
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