Il aura fallu plus de 5 ans à l’hyperactif Gregory Hoepffner pour mettre la touche finale à son premier album enregistré sous le pseudonyme Kabbel, et qui fait suite à l’EP End of Norms, chroniqué dans nos pages.
Au vu du résultat on n’a pas du tout envie de se plaindre du temps d’attente, tant When the War is Over s’avère être une tuerie absolue. Gregory continue à nous régaler en utilisant de gros sons synthétiques proches de l’indus, en les associant à son chant magnifique et sa voix désormais immédiatement identifiable (notamment pour qui aura écouté les deux albums de Sure. que je ne peux que recommander chaudement).
Faisant parler sa sensibilité sur des compos habitées et mélancoliques comme avec l’enchaînement « Afterlife » / « No More XTC » (titre qui figurait déjà sur l’EP) ou le double final « Endless » / « When the War is Over », Greg sait aussi faire parler les beats et les décibels, comme sur les excellents « Fiction Clouds », « R Chrome » ou un peu plus loin sur « Reward » sur lequel il est accompagné de Perturbator (excusez du peu, le sieur Hoepffner commence à avoir un beau carnet d’adresses) ou sur le monstrueux « Elephant » qui commence presque comme du Depeche Mode, avant de devenir franchement menaçant. La balance entre lourdeur/agressivité et mélodie évoquera un peu Health, même si je trouve pour ma part que la voix de Gregory est à la fois plus puissante et plus belle que celle de Jake Duzsik (en dépit de mon amour pour Health). Même dans ses moments les plus appuyés, le chant de Kabbel reste un atout phare de ses compos et de son album. J’irai même plus loin en disant qu’on peut aisément le considérer comme l’un des chanteurs les plus remarquables de la scène rock/noise/synth actuelle.
En tout cas les amateurs du groupe américain (Health donc) pourraient se retrouver dans la proposition de Kabbel même si la musique de ce dernier est exclusivement synthétique et ne contient pas de guitares électriques contraîrement au groupe californien. Mais la puissance dégagée et produite sans cordes reste bluffante, voir par exemple « You Don’t Matter », un des autres bangers de l’album.
Je suis une nouvelle fois complètement sous le charme de cet album puissant sur lequel l’inspiration décidément sans faille de Mister Hoepffner force le respect. Puisse-t-il continuer à nous régaler de la sorte!
En espérant maintenant que l’album fasse l’objet d’une sortie physique prochainement!
Tracklist :
01 – the Blaming Game
02 – Fiction Clouds
03 – R Chrome
04 – Reward
05 – Afterlife
06 – No More XTC
07 – Elephant
08 – You Don’t Matter
09 – Endless
10 – When the War is Over
Kabbel
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