Carpenter Brut – Leather Terror

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Style: Aggressive SynthwaveAnnee de sortie: 2022Label: Virgin Records

Franck Hueso est de retour avec son implacable machine synthwave et alter égo Carpenter Brut. Leather Terror s’inscrit dans le contexte de la trilogie initiée par le très bon Leather Teeth,  pour nous conter la suite des mésaventures de Bret Halford, éconduit par la pom-pom girl de son cœur et qui devient un psychopathe tueur en série bien décidé à se venger de ceux qui l’ont humilié au lycée. Derrière le prétexte pitch toujours très série Z, hommage assumé aux productions américaines des années 80s, on retrouve un Carpenter Brut en grande forme qui nous propose la sortie la plus dense de sa carrière, avec près de 45 minutes au compteur de l’album.

Et passée la déception de ne pas retrouver l’excellent « Fab Tool » (sur lequel Dave Eugene Edwards vient poser sa voix) sur l’album, pour incompatibilité conceptuelle, c’est tout simplement claque sur claque que l’on va gentiment encaisser à l’écoute de Leather Terror.

Un album très cinématographique (qui s’ouvre d’ailleurs sur un « Opening Title » au titre sans équivoque) jusque dans sa pochette (signée Fortifem et évoquant immanquablement le film Maniac) qui varie admirablement les ambiances, passant de titres instrumentaux brutaux (l’entame post introduction « Straight Outta Hell » un des titres les plus violents jamais composés par Hueso, la doublette « Day Stalker/Night Prowler » et enfin l’énorme « Color Me Blood »), à d’autres plus posés, que ce soit la ballade « …Good Night, Goodbye » avec Ulver en guest (qui se termine sur un air inquiétant, annonçant la virulente doublette qui suit) ou le TUBESQUE et très pop/dance « Lipstick Masquerade » avec la française Persha en guest qui nous fait un numéro à la Madonna absolument bluffant. On a déjà cité deux invités participant à ce nouvel album, mais une fois encore Carpenter Brut fait les choses en grand en allant chercher, outre les précités, un casting franchement prestigieux : Greg Puciato (ex Dillinger Escape Plan, actuel Killer Be Killed) et sa voix nasillarde qui se mêle très bien aux mélodies de « Imaginary Fire » sans parler de ce pont sur lequel il nous fait apprécier ses remarquables talents de crooner pattonien. Le moins connu mais néanmoins excellent Alex Westaway leader de Gunship (dont je recommande chaudement le premier album aux amateurs de synthwave) apporte quant à lui sa contribution à « Widow Maker » (qui bénéficie d’une mise en image dans un clip excellent qui permet une fois encore d’apprécier le goût pour les influences « américaines » de Franck Hueso). C’est ensuite la norvégienne Sylvaine qu’on retrouve sur le très atmosphérique « Stabat Mater », moment de répit électronico-folk avant la dernière ligne droite de l’album, et en particulier le morceau-titre sur lequel on retrouve Johannes « Jonka » Andersson, chanteur de Tribulation pour un featuring furieux, qu’on n’aurait jamais imaginé (le lien entre les suédois et la synthwave apparaissant assez peu évident sur les albums de Tribulation) mais qui se révèle simplement génial ! Son timbre râpeux contribue grandement à rendre ce titre bien agressif, à l’image de la tonalité plutôt brutale et sombre de l’album (encore une fois la pochette ne ment pas).

Si j’avais une critique à formuler -rien de bien grave pour autant- ce serait le côté un peu maladroit à mon sens de l’enchaînement « Widow Maker » / « Imaginary Fire », deux titres excellents mais qui se ressemblent pas mal ne serait-ce que du fait de la proximité du timbre (nasal dans les deux cas) des deux chanteurs (Greg Puciato et Alex Westaway donc). Il ne s’agit pas de regretter la présence de ces deux titres sur la tracklist, mais plutôt de se demander s’il n’eut pas été préférable de ne pas enchaîner les deux titres et d’en réserver un pour la « Face B ». Mais cette critique mineure ne m’empêchera pas de continuer à m’envoyer Leather Terror en boucle et de prendre un pied pas possible à l’écoute de cet énorme album.

Carpenter Brut reste indubitablement à mon sens le meilleur représentant de la scène synthwave, son approche reposant sur l’efficacité, mais non dénuée d’une certaine profondeur, ayant de très loin ma préférence, par rapport à d’autres ténors du genre ayant choisi de s’orienter vers des orientations plus atmosphérico-expérimentales (cf Perturbator dont le dernier album m’a laissé froid).

Tracklist :
01 – Opening Title
02 – Straight Outta Hell
03 – The Widow Maker (feat. Gunship)
04 – Imaginary Fire (feat. Greg Puciato)
05 – …Good Night, Goodbye (feat. Ulver)
06 – Day Stalker
07 – Night Prowler
08 – Lipstick Masquerade (feat. Persha)
09 – Color Me Blood
10 – Stabat Mater (feat. Sylvaine)
11 – Paradisi Gloria
12 – Leather Terror (feat. Johannes « Jonka » Andersson)

krakoukass

Chroniqueur

krakoukass

Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben.

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