Amis de la finesse, vous pouvez déjà passer votre chemin ! Hurakan débarque avec son quatrième album et n’entend pas venir relâcher la pression. Le groupe amiénois aura connu quelques mouvements de line-up avant cet Eternal Scars, mais semble aujourd’hui au maximum de sa brutalité.
Mixant toujours deathcore et death metal en mode slam, le groupe offre ici une nouvelle collection de parpaings en pleine face. La violence a toujours été leur dada mais ici la production est volontairement énorme (signée HK au Vamacara Studio). Le groupe l’explique d’ailleurs lui-même: « Pour le sound-design, nous avons doublé chaque note de guitare et chaque frappe de kick avec le son d’une machine a écrire, donnant a chaque impact quelque chose de mécanique, obsessionnel et profondément humain a la fois ».
Un aspect humain qu’on mettra tout de même un peu de temps à trouver tant c’est du côté du monstrueux qu’on est accueilli. Un monstre qui va peu à peu laisser apparaitre quelques émotions au travers notamment d’arrangements forts bien amenés. Entre « Disgrace » et son côté atmosphérique ajoutant une touche épique, le pont plus émotionnel d' »Eternal Scar » ou encore « The Mirror » ayant ses refrains façon black metal symphonique, ces éléments viennent un peu tempérer cette brutalité faite de breakdowns démesurés, de saccades ébouriffantes, de blastbeats ravageurs et de vocaux alternant tout ce qui est possible dans le metal extrême (growls, shrieks, pig squeals et autres hurlements possédés).
Bien malmené pendant ces dix titres pour trente-trois minutes et n’ayant que peu de phases de respiration, on peut logiquement trouver ce nouvel album éreintant étant donné que le mode mitrailleuse/bulldozer est enclenché. Cependant, les mélodies sont aussi présentes, parfois en filigranne et captivantes pour la plupart (« Dogma » ou la conclusion « Lilith » agrémentée d’un accompagnement moderne).
L’aspect mécanique revendiqué (s’entendant notamment dans le son de batterie) pourra peut-être déranger l’amateur de production « naturelle », et ce dernier se retrouvera vraisemblablement accablé devant tant de violence. Une violence débridée et surpuissante symbolisant « la libération des tensions intérieures du groupe en expérience cathartique collective », Hurakan nous avait donc bien prévenus, et c’est très douloureux ! Chaudement recommandé aux amateurs de Thy Art Is Murder ou de Lorna Shore…
Hurakan
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