Made Out Of Babies – Trophy

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Style: noisecore/rockAnnee de sortie: 2005Label: Neurot Recordings

Ecorché vif. Envie de gerber. Cette salope de rage qui ne te lâche plus les tripes, te ronge les entrailles… Tu y trouvais un côté vaguement romantique il y a encore quelques temps. Aujourd’hui, au cœur de la dépression, c’est bien de calme et d’apaisement dont tu aspires. Mais rien n’y fait. Il est trop tard. Tu as reçu une fin de non recevoir… Tu peux continuer d’hurler, de te débattre, de donner des coups dans le vide… Tomber face contre terre, les yeux gonflés, les larmes jaillissent et coulent sur tes joues. Ramasser ses forces pour tenter vainement de se relever, retomber chaque fois sur les genoux. Retomber brutalement. Basculer d’avant en arrière comme une petite branche. Les muscles tendus à craquer, les yeux noyés dans le sang. Glisser lentement, inexorablement, les bras ballants. Rester suspendu. Empaler. Pleurer. Crier. La lune ne te remarque pas plus qu’elle ne t’ignore tandis que tu gis. Elle continue son immuable voyage.

Tel est le chant de Julie Christmas des Made Out Of Babies. Entre hurlements, saccades rauques, complaintes acides, se dégage une puissance envoûtante, un flot de logorrhée sombre et ensorcelant. Une Jarboe hystérique, une Katie-Jane Garside (Queen Adreena) enragée, une PJ Harvey fiévreuse, Julie Christmas est ainsi voire bien plus. Son chant s’assoie sur une noise inspirée 90’s, non dénuée de sa crasse et de son urgence. Le trio Brendan Tobin, guitariste, Matthew Egan, batteur, et Cooper le bassiste (également membre de Players club groupe où officie Dave Curran d’Unsane) lui offre ici une musique violente, incisive, heavy, un cadre parfait pour son tableau surréaliste et désenchanté.
Entre mid tempo ravageur, explosion rageuse, calme crépusculaire, le groupe de Brooklyn livre toute sa bile sur un plateau d’argent pour son premier album. L’ombre d’Unsane, de The Jesus Lizard plane au dessus de ce projet. La basse martèle ce même groove urbain, puissant et irrévérencieux lorsque les riffs saturés, ciselés au rasoir et au vitriol occupent l’espace. La batterie en profite pour enfoncer les derniers clous de ce cercueil triomphal, ultime catharsis, ultime expression d’une colère non feinte. Le combat est âpre, d’une violence ultime. L’écoute de cet album se révèle épuisante, tu es jeté dans un gouffre où seuls de minces chemins escarpés apparaissent subrepticement, dérisoires et fuyantes issues de secours. Pour autant, chaque morceau qui compose cette œuvre, chaque minute, chaque seconde qui passe, te happe, t’absorbe, et finalement te bouleverse. Les plaies sont mises à jours, les démons dévoilés, malgré l’hystérie et la tension. Son écoute en devient finalement indispensable.

Neurot Recordings se rappelle à nos bons souvenirs avec une découverte et une nouvelle pierre apposée à l’édifice noise. Une pièce de choix.

  1. herculoid
  2. loosey goosey
  3. el morgan
  4. ire fire
  5. lullaby n°1
  6. gut shoveler
  7. sugar
  8. lullaby n°2
  9. swarm
  10. pirate
  11. wounded rhino
  12. out
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5 Commentaires

  1. darkantisthene says:

    putain honneur aux boules il a son propre label, trop fort!!

  2. jonben jonben says:

    Son nickname vient de là (enfin presque) banane! 8)

  3. darkantisthene says:

    haaaaaaaaaaaaannnnnnnnnnnnnnn, encore plus fort!!

  4. pearly says:

    Ma découverte de l’année. il y a une rage et une douceur mélangées, incroyablement rock n’roll. Un son bien lourd, noisy, un chant « chipie », nerveux, émouvant… tout est bien résumé en début de chro, écorché vif.

  5. dead-r0ad says:

    Un excellent album que je conseille à tout les amateurs de filles énervés style Katie Jane Garside, ou simplement de bonne musique..

    dead-r0ad.sky

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