Projet britannique monté en 2017, Powerplant est de ces curiosités aux inspirations multiples un peu difficiles à suivre. Theo Zyrkhayev, le maître de cérémonie, fait ici bien ce qu’il veut, sortant énormément d’EPs, d’albums et même parfois leurs versions commentées (c’est notamment le cas pour People In The Sun, son premier album datant de 2019). Ne se mettant aucune limite dans sa créativité, on trouve dans sa recette du synthpunk, du garage rock, de la pop, des choses plus raw, bref un mix bien secoué.
Bridge Of Sacrifice vient reprendre ces éléments en y ajoutant une forte dose de black metal et de dungeon synth tout en parvenant à demeurer unique. Ainsi au fil des titres, on passe par de très nombreuses facettes. Rien que l’intro (« Bridge Of Sacrifice ») donne le ton avec son aspect garage flirtant avec le cheap agrémenté de quelques claviers goth et de vocaux alternant entre l’hargneux et le mélodique, le résultat est simplement épique.
Et ce n’est que le début puisque cet album va aligner les tubes comme « Running Cross » (sonnant comme un mélange de Wavves , The Armed et de Devil Master, juste irrésistible), « Transactions » et son côté dungeon synth meets « Ariel Pink qui roule les R » ou encore le médiéval acoustique « The Fork ». Mais c’est bien la collision entre ces ambiances garage/psyché (le planant « Bad Moon Hotel ») et les parties black metal qui valent leur pesant de cacahuètes, chaque titre ayant sa dose d’imprévisibilité, voire d’incongruité tant les transitions sont parfois osées (« Hall Of Wolves » ou « Arborglyph » qui passent d’un extrême à l’autre sans préavis).
L’évolution du son de Powerplant donne donc cette recette toute personnelle, mixture étrange et improbable de bouts de trucs qui n’ont normalement rien à faire ensemble (sur fond de production maison) mais qui tient totalement la route au final au point d’en devenir terriblement addictif. L’une des excellentes (et inattendues) surprises de 2026.
Powerplant
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