Miltown, le nom ne vous dit peut-être rien (comme c’était le cas pour moi) et pourtant la sortie de Tales of Never Letting Go premier album du groupe, n’est rien de moins qu’un évènement qui met fin à une attente de presque 30 ans. L’album a en effet été enregistré à la fin de l’année 1997 et au tout début de 1998 aux Long View Farm Studios (celui-là même qui a vu passer des groupes comme les Bad Brains ou Quicksand) mais n’est jamais sorti en raison de conflits internes et autres difficultés avec le label du groupe. On retrouve sur ce premier véritable album 3 titres que le groupe avait déjà sorti sur des formats courts (le morceau titre, « Delicate Fiction » et l’excellent « No Matter » qui cloture le disque) mais aussi donc 10 morceaux qu’a priori personne n’avait encore pu entendre.
Groupe du Massachusetts, Boston, dans les rangs duquel on retrouve surtout Jonah Lenkins (surtout connu pour avoir été le chanteur du groupe Only Living Witness) dont la voix superbe illumine un album qu’on pourrait qualifier de post-hardcore très mélodique.
Un timbre qui véhicule parfaitement les émotions du chanteur (comme sur l’un des grands moments de l’album, « Unraveling », titre sur lequel le chanteur évoque son père), et qui m’a rappelé celui de l’ancien et regretté chanteur de Lonely the Brave (dont le premier excellent album pouvait d’ailleurs quelque part se rapprocher un peu de ce que propose Miltown, en peut-être un peu plus « alternatif »).
Véritable bonbon pour les amoureux/nostalgiques des années 90 et fans de post-hardcore mélodique (mais parfois un peu rageur aussi, cf « America through a Windshield »), Tales of Never Letting Go est direct, efficace du début à la fin (à l’image de « No Matter » ou d’un « Esperanto » expédié en 2 minutes) d’autant qu’il ne contient pas de titre faible (même si on pourrait trouver « Twin Olympic Pools » un peu fade mais il est d’ailleurs plus à considérer comme une sorte d’interlude, de « pause » entre les deux faces). Et comme tout bon album il passe très vite d’autant qu’il ne dure que 37 minutes.
On aimerait se dire qu’il ne s’agit pour Miltown que d’un premier jet (tardif certes) et que d’autres albums suivront mais pour le moment rien ne permet malheureusement de penser que cela doive être le cas. Si Tales of Never Letting Go devait rester le seul et unique héritage de ce groupe presque mort-né, alors on peut en tout cas se réjouire que l’album en question soit d’une telle qualité. Merci au label Man Alive Records d’avoir enfin rendu possible la sortie de ce très bel album, que tous les amateurs de post-hardcore devraient adorer. Dommage par contre qu’aucune sortie cd ne soit planifiée pour le moment!
Tracklist :
01 – Cleverer
02 – Unraveling
03 – Lost Sleep
04 – Tales of Never Letting Go
05 – Even as We Speak
06 – America Through a Windshield
07 – Twin Olympic Pools
08 – Delicate Fiction
09 – Esperanto
10 – 8-6-45
11 – End Transmission
12 – Art Thief
13 – No Matter
Miltown
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