Every Time I Die – Radical

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Style: Metal Hardcore n'rollAnnee de sortie: 2021Label: Epitaph

2021 est décidément une putain de grande année, avec un nombre d’albums marquants qui ne fait qu’augmenter alors que la fin de l’année approche…

Et ça continue, puisque les américains d’Every Time I Die, dont le dernier album en date (Low Teens) remontait déjà à 2016, nous reviennent avec un opus à la pochette flashy et qui pourrait laisser faussement imaginer qu’ils auraient viré leur cuti. Il n’en est rien… Mais alors vraiment rien à tel point que les amateurs de synthwave en quête de nouveauté en seront pour leurs frais, le metalcore n’roll du groupe de Buffalo étant toujours aussi virulent, voire même encore plus bourrin. J’avais pour ma part un peu décroché du groupe après l’excellent Gutter Phenomenon, sorti il y a déjà 16 ans, mais je n’ai eu aucun mal à me remettre dans le bain avec ce nouvel album tant il s’avère prenant et réussi.

On l’a dit, le groupe n’a pas ralenti ni adouci son propos et le montre dès l’entame bien énervée de « Dark Distance », et la suite ne va pas nous laisser beaucoup le temps de souffler ou de reprendre nos esprits tant le rythme est effréné comme en atteste la durée de la plupart de morceaux qui tourne autour des 2-3 minutes pour l’immense majorité des titres. Pour autant difficile de ne pas succomber devant la qualité impressionnante des nouveaux brûlots du combo, par exemple le fantastique « Planet Shit » ou son successeur « Post-Boredom » qui apporte un peu de mélodie (comprendre sur lequel Keith arrête un peu de beugler et chante presque en voix claire) mais envoie bien le pâté comme il faut. On enchaîne non-stop les uppercuts et autres coups dans la tronche jusqu’au furibard « All This and War » sur lequel on craint que Keith ait définitivement bousillé sa gorge à force de hurlements par lesquels il conclut d’ailleurs le morceau, mais heureusement arrive le truc à plumes (« Thing with Feathers ») idéalement placé à mi-album, sur lequel chante Andy Hull (de mes chouchous de Manchester Orchestra) de sa voix immédiatement reconnaissable, apportant une touche de douceur dans le monde de brutes de ETID.

Après cette accalmie bienvenue, c’est le retour au gros son qui avoine dès « Hostile Architecture » en passant par un « AWOL » qui évoque un peu Refused par sa rythmique accrocheuse autant que ponctuellement par le chant de Keith. Et on aura encore le droit à beaucoup de coups de fouet (« The Whip » huhu, ou le très violent « Distress Rehearsal ») avec de très légères et très épisodiques inflexions mélodiques (« White Void » sur lequel Keith se prendrait presque pour Chino Moreno cette fois, ou « sexsexsex » sur lequel il nous propose quelques passages en voix claire avant de reprendre l’assaut), avant le final plus nuancé mais néanmoins bien lourd de « We Go Together ».

Malgré ces quelques instants de répit, il n’en reste pas moins qu’il faut encaisser la violence déployée ici, et accepter de passer la majeure partie du temps à se faire hurler dessus par un Keith décidément très énervé et en verve. C’est d’ailleurs le principal reproche que l’on pourrait formuler à l’égard du groupe : proposer quelque chose de tellement intense que l’écoute de l’album d’une seule traite peut s’avérer difficile, d’autant plus que l’album contient 16 titres pour plus de 51 minutes. A l’inverse on pourra constater avec plaisir qu’il n’y a pas de titre faible sur l’album, et que le groupe ne se vautre jamais dans le remplissage inutile.

Et finalement on y revient régulièrement, encaissant sans broncher cette avalanche de titres burnés mais efficaces. Et comme certains l’ont déjà relevé dans diverses chroniques on en vient rapidement à se demander si les américains n’ont pas simplement sorti le meilleur album de leur carrière. Grosse année je vous dis!

Malheureusement à l’heure où j’écris ces lignes le groupe semble s’entre-déchirer et Keith Buckley aurait été semble-t-il invité par les autres membres du groupe (parmi lesquels son frère) à rentrer avant la fin de la tournée pour se reposer, le groupe indiquant terminer sans lui la tournée en cours. Ambiance, ambiance… Espérons que les choses rentrent dans l’ordre afin d’éviter ce qui constituerait un sacré gâchis pour le groupe et ses fans!

Tracklist :
01 – Dark Distance
02 – Sly
03 – Planet Shit
04 – Post-Boredom
05 – A Colossal Wreck
06 – Desperate Pleasures
07 – All This and War
08 – Thing with Feathers
09 – Hostile Architecture
10 – AWOL
11 – The Whip
12 – White Void
13 – Distress Rehearsal
14 – sexsexsex
15 – People Verses
16 – We Go Together

krakoukass

Chroniqueur

krakoukass

Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben.

krakoukass a écrit 1035 articles sur Eklektik.

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