Witch Fever – Fevereaten
Chronique du Moment Post Punk Metal Goth Alternatif (ou Pas)

Witch Fever – Fevereaten

krakoukass
krakoukass
Auteur
3 novembre 2025
il y a 10 mois
14,291 vues
Année de sortie
2025
Note
Un premier album d'un groupe de Manchester se distingue par une approche musicale agressive et saturée, tout en intégrant des éléments mélodiques et des ambiances variées, allant du punk au gothique, et propose des titres qui explorent des sonorités progressives et émotionnelles, offrant une expérience auditive riche et surprenante.
Witch Fever – Fevereaten

Le premier album des foldingues de Witch Fever avec sa pochette pétante en diable, ne m’avait pas tellement convaincu, la musique des mancuniennes m’apparaissant très criarde (du fait notamment du chant de Amy-Hope Walpole se voulant avant tout très punk / Riot Grrrl et donc agressif et éclate-tympans) et peut-être un peu trop jusqu’auboutiste dans la démarche, en tout cas à mes oreilles.

Il s’agissait en tout cas d’une sortie pour le moins insolite, surtout dans le catalogue du label Music For Nations, prise de risque du label pour tenter de dénicher peut-être le nouveau Amyl & the Sniffers ou Lambrini Girls et ce avant que le groupe n’ait encore délivré le moindre essai discographique sur un format conséquent.

Mais contrairement à ces dernières/derniers qui sont avant tout punk et flirtent volontiers avec le hard rock ou le rock (surtout pour les premiers), les filles de Witch Fever sont plus agressives et aiment le gros son bien saturé qui parsème largement leur nouvel album à la pochette finalement assez peu évocatrice du contenu sonore (si ce n’est pour la mise en avant du côté sombre/goth de leur musique, qui est il est vrai partiellement présent).

Et si l’album démarre par le très bas du front et punk « Dead to Me! » une constante se dégage rapidement de cet album par rapport au précédent : un vrai effort du groupe pour se faire plus mélodique, ce qui s’entend quasi immédiatement sur le chant de Amy, souvent moins criard et plus chanté qu’avant, et honnêtement on apprécie vraiment ce changement. Un titre comme « the Garden » présente ainsi une facette beaucoup plus mélodique que tout ce qu’a fait le groupe jusqu’ici et ça fonctionne vraiment super bien. Probablement le titre de l’album qui se rapproche le plus d’une ballade et qui permet de confirmer qu’Amy a un super timbre de voix. Mais chassez le naturel et il revient au galop, plus subtilement cela dit, comme sur ce « Final Girl » qui ferait presque penser que le groupe est prêt à explorer des contrées pop/indie avant que la réalité saturée ne revienne rapidement nous ramener à la réalité. Idem sur « Drank the Sap » qui commence doucement avant de se faire subitement bien plus sale et saturé. « Reprise » serait presque possédé par l’esprit de Chelsea Wolfe, tant son aura incantatoire et sombre installe cette fois une ambiance quasi goth. Plusieurs salles, plusieurs ambiances.

Nouvelles preuves avec cette virée carrément très étonnante sur le fantastique « Northstar » puis plus loin sur « Amber », tous deux au son plus progressif/post, qui en évoqueraient cette fois presque Brutus. On en redemande tant l’émotion est palpable et la réussite complète. Il y a aussi ce piano et violoncelle qui viennent surprendre sur la fin là aussi très émotionnelle de « Safe », un titre qui lorgnerait vers quelque chose de plus indie/rock et encore une fois ça fonctionne bien.

Witch Fever réussit tout sur ce disque : je n’ai même pas parlé du superbe morceau-titre qui encore une fois souffle le chaud et le froid de façon assez étonnante, ou du très direct et bien sabbathien « Burn to Hit » qui en a justement tout (d’un hit) et qui est suivi du non moins direct parpaing « See Ya Next Tuesday ».

Les anglaises signent en presque 44 minutes, une petite tuerie de plus qui devrait trouver bonne place dans bon nombre de tops de fin d’année.

Tracklist :
01 – Dead to Me!
02 – Final Girl
03 – The Garden
04 – Northstar
05 – Drank the Sap
06 – Safe
07 – Fevereaten
08 – Burn to Hit
09 – See Ya Next Tuesday
10 – Reprise
11 – Amber
12 – I See It

Artistes / Groupes

Record Label

Genre selon le Chroniqueur

Post Punk Metal Goth Alternatif (ou pas)
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Krakoukass est cofondateur d’Eklektik Rock. Il s’est imposé comme l’une des plumes majeures du webzine depuis ses débuts en 2004, avec des goûts qui couvrent un large spectre allant de la Pop au Death Metal, en passant par le Black, le Neo ou l'Electro, sans oublier des incursions vers le Rock Alternatif, le Doom ou l'Indus. Fidèle aux scènes innovantes comme aux valeurs sûres, il a suivi de près la plupart des pointures du Rock et du Metal mais aussi énormément de groupes plus underground. Son regard critique s’attache autant à la créativité des formations émergentes qu’à l’évolution des grands noms des courants contemporains.

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