Chelsea Wolfe – She Reaches Out to She Reaches Out to She

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Style: Dark Gothic RockAnnee de sortie: 2024Label: Concord RecordsProducteur: Dave Sitek

Jusqu’à encore peu, les sorties discographiques de Chelsea Wolfe m’inspiraient un respect poli mais étaient loin de susciter chez moi la moindre excitation ou inspiration particulière. La bascule c’était avec la sortie de Bloodmoon : I, l’excellentissime album collaboratif entre la californienne de 40 ans et les bostoniens de Converge, un des meilleurs albums de l’année 2021 que je continue d’écouter régulièrement avec un plaisir constant et dont j’espère qu’une suite apparaîtra dans les prochaines années.

Une collaboration qui m’a également rendu très curieux et presque impatient même de découvrir son nouvel album au titre énigmatique (et qui est en fait évocateur de Chelsea convoquant plusieurs facettes d’elle-même, passé, présent et futur) : She Reaches Out to She Reaches Out to She, un album produit par Dave Sitek, qui officia un temps chez Jane’s Addiction et qui est aussi l’un des membres des très bons TV on the Radio.

Vous l’avez déjà compris grâce au picto en haut à droite : je suis cette fois pleinement conquis par la proposition discographique de l’américaine, et je dirais même que j’ai été très vite subjugué par la beauté froide (évidemment) de cet opus inspiré.

Un album qui voit Chelsea poursuivre son exploration des genres sombres au service desquels elle met toujours à profit sa sublime voix. Car pour ce qui est des genres pratiqués, Chelsea aime toujours autant croiser et mélanger les plaisirs, à l’image de « Tunnel Lights » qui commence sur des tonalités presque jazzy, avant d’évoquer un trip-hop bien sombre à grand renfort de touches électroniques bienvenues. Le fantôme de Portishead n’est pas très loin sur un tel titre, de même que celui de Nine Inch Nails sur d’autres titres principalement en raison de l’utilisation de l’électronique et de l’approche très sombre voire menaçante de la musique de la ténébreuse Maîtresse de cérémonie en particulier lorsque les guitares se mêlent à la danse (dès « Whispers in the Echo Chamber »). Des guitares qui savent souvent apporter leur touche, pour donner un côté metal aux compos de Chelsea, influence de longue date de la miss, renforcée encore peut-être par l’expérience Bloodmoon ? En tout cas c’est superbe, comme sur le final « Dusk » qui conclue brillamment l’album annihilant toute tentative de voir l’espoir et la bonne humeur percer dans la musique de l’américaine.

Mais même si le registre low/mid tempo ténébreux et mélancolique, a comme toujours et sans surprise la préférence de la miss Wolfe et domine largement sur l’album, d’aucuns ayant pris connaissance des 4 morceaux disponibles en amuse-bouche parfaitement dans le ton, seront peut-être aussi surpris de constater que plusieurs titres sont en fait beaucoup plus punchy, contribuant à rendre le voyage passionnant et pas du tout monotone comme on aurait pu le craindre. C’est le cas du très dynamique et excellentissime « House of Self-Undoing », mais aussi des beats de « Eyes Like Nightshade » qui m’ont parfois fait penser à du Björk période Homogenic (soit la meilleure période à mon sens). L’ensemble des titres respire le travail et la cohérence, et forme un tout d’une durée parfaite (42 minutes environ) pour un plaisir renouvelé.

En ce qui me concerne, et au cas où ça n’apparaîtrait pas assez clairement dans cette chronique, Chelsea Wolfe frappe vraiment un très grand coup en ce début d’année, proposant rien de moins qu’un (déjà) indispensable de l’année dans le registre des musiques sombres.

Tracklist :
01 – Whispers in the Echo Chamber
02 – House of Self-Undoing
03 – Everything Turns Blue
04 – Tunnel Lights
05 – The Liminal
06 – Eyes like Nightshade
07 – Salt
08 – Unseen World
09 – Place in the Sun
10 – Dusk

krakoukass

Chroniqueur

krakoukass

Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben.

krakoukass a écrit 1175 articles sur Eklektik.

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Commentaire

  1. RBD says:

    Je ne connais pas sa discographie sur le bout des doigts mais ces extraits sont en effet étonnamment différents et bien plus emballants que la Néo Folk 2.0 qui la caractérisait dans mes souvenirs.

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