Sextet suisse (de Zürich) monté autour (entre autres) du batteur de Bölzer et du vocaliste de DSKNT, Antiversum a sorti en 2025 l’un des albums les plus monolithiques de l’année. Le black/death de cet obscur groupe – ayant pourtant soufflé sa quinzième bougie – est en effet pour le moins suffocant, s’articulant sur la lourdeur et le chaos, ce dernier étant l’un de ses thèmes de prédilection (avec le vide de l’univers, mignon programme).
Ce second album (faisant suite à Cosmos Comedenti – 2017) nous invite à une quintuple plongée dans l’abîme. Le doom est en effet aussi le dada d’Antiversum, preuve en est avec l’introductif « Pulsar Feralis », gros morceau d’un quart d’heure qui enchaine les ambiances caverneuses façon Impetuous Ritual ou Dead Congregation modulées sur courant alternatif (nous amenant même dans sa dernière partie à une surprenante inclusion de beats electro).
Les suisses aiment les longues durées, ce qui leur laisse le loisir de développer leurs atmosphères oppressantes par inserts de sonorités drone, tribales, voire psychédéliques derrière ces terrifiants vocaux (même lorsque ceux-ci se taisent, comme sur l’instrumental « QBism »).
L’effet d’hypnose à base de spirales cauchemardesques est long mais fonctionne comme prévu, le voyage se veut douloureux mais la persévérance paie, le vide vous mange le cerveau pour mieux y retourner…
Antiversum
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