Des chèvres et de la fumée provenant de cigarettes magiques, des éléments figurant chez un paquet de groupes de stoner/doom, on ne sera donc pas trop étonné de retrouver les quatre danois de Goatsmoker dans le rayon. Comme pour son premier album E.O.T.A. (2022), le groupe opte pour un autre acronyme énigmatique E.R.I.S. accompagné d’un son aussi lent que lourd sur ces cinq titres (pour quarante-deux minutes !).
« Cursed » nous accueille dans l’atmosphère attendue: occulte, oppressante (avec vocaux criards en retrait) et tournant autour d’un riff de mammouth répété jusqu’à l’étourdissement, créant là l’effet psychédélique escompté sous la couche de gras. Même effet pour « Waiting » jusqu’à cet étonnant break avec sa montée vocale précédant un solo mélodique qui, lui, annoncera une accélération finale des plus inattendues (le même type d’accélération aura lieu sur la montée en puissance de « Entropy Reigns In Silence »).
Des envies de sortir des sentiers battus qui interviennent aussi sur « Gods Of Gunzilla » avec ces effets de voix de fantômes accompagnant leur doom le plus minimaliste. Mais c’est surtout la conclusion « Dakhma » (symbole de l’excarnation – l’opposé de l’incarnation – dans la religion zoroastriste) qui va sortir du lot, surtout grâce à la participation d’une voix féminine aérienne venant accompagner le monstre en backing vocals. Le résultat en est simplement épique.
On obtient au final un album de stoner/doom (mâtiné de sludge) bien ficelé, correspondant aux canons du genre tout en y ajoutant un soupçon de surprises, ce qui est assez rare dans ce genre se reposant souvent sur ses lauriers. Fans d’Electric Wizard, Conan ou Sleep, vous pouvez venir vous joindre au culte !
Goatsmoker
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