Il y a des groupes ultra productifs, sortant les albums à vitesse grand V tant les idées leur viennent en cascade, puis il y a les groupes comme Double Space, qui aiment bien prendre leur temps. Sauf qu’ici le temps a été sacrément long, le trio danois sortant ici son premier album alors qu’il s’est formé… en 2003 !
Pourtant malgré sa bien maigre discographie (deux démos et deux singles, dont le dernier figure en conclusion de ce Not In A Million Years), le groupe s’est forgé une solide réputation dans l’underground danois, ayant convaincu Jacob Bredahl (ex-Hatesphere, désormais producteur pour LLNN, Konvent ou encore Lifesick) d’enfin mettre sur support leurs titres (dont certains ayant été composés il y a plus de dix ans).
Ce dernier a concocté au trio un son ultra gras et poisseux servant à merveille leur cocktail de sludge/doom et de noise. Un peu comme si Unsane avait choisi de s’amplifier avec le matériel de Weedeater, ce premier album offre là un type de son auquel on n’a plus trop l’habitude ces dernières années, très lourd mais aussi très distordu. Mais si le groupe a de la bouteille, on notera surtout qu’il manie les grooves à merveille (ah ça, il devrait y avoir bien des hochements de tête !), accompagnés de vocaux hargneux et de quelques rares atmosphères (un brin) plus lumineuses (le solo de « Straws »).
Et si sa production et son aspect général plutôt homogène pourront un peu déranger de prime abord, nul doute que les doomsters sludgeux ouverts aux vocaux noise seront convaincus. Et si vous connaissez la morale de chez De La Fontaine « rien ne sert de courir, il faut partir à point », Double Space la met ici en exercice et retombe parfaitement sur ses pattes, même si elles ont pris deux décennies dans les mollets entretemps !
Double Space
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