Dillinger Escape Plan – Miss Machine
Chronique Chaotic Technical Hardcore

Dillinger Escape Plan – Miss Machine

jonben
jonben
Auteur
22 juillet 2004
il y a 22 ans
6 commentaire s
2,348 vues
Année de sortie
2004
Note

The Dillinger Escape Plan revient enfin 5 ans après un Calculating Infinity saisissant, premier album d’un groupe qui a littéralement révolutionné le hardcore en créant un nouvel hybride à coups de technique démonstrative et psychotique. Si vous vous attendiez à un nouveau Calculating Infinity, ce n’est clairement pas ça, les années d’attente ont été longues […]

Dillinger Escape Plan – Miss Machine

The Dillinger Escape Plan revient enfin 5 ans après un Calculating Infinity saisissant, premier album d’un groupe qui a littéralement révolutionné le hardcore en créant un nouvel hybride à coups de technique démonstrative et psychotique.

Si vous vous attendiez à un nouveau Calculating Infinity, ce n’est clairement pas ça, les années d’attente ont été longues mais mises à profit. On assiste plutôt ici à une schizophrénie musicale dont le mathcore déjanté n’est qu’une facette. Le chaos instrumental qui était omniprésent sur leur premier album est toujours clairement là mais il est intercalé de nombreuses incartades dans des ambiances auxquelles DEP ne nous avait pas habitué, mais qu’ils avaient commencé à explorer sur leur dernier EP avec Mike Patton.

Le principal changement est l’ajout massif de claviers et de mélodies vocales, par exemple un pur refrain mélodique sur « Setting Fire to Sleeping Giant » entouré de passages jazzy, folie et mélodies à la Blood Brothers sur « Highway Robbery », mais surtout « Phone Home » ou « Unretrofied » qui montrent un aspect complètement différent du groupe, où des influences indus apparaissent, des synthés atmosphériques s’alliant à des voix mélodiques sur un « vrai » refrain auxquels Dillinger ne nous avait certainement pas habitué.

On décèle donc immédiatement une certaine admiration à la folie de Patton et ses groupes, l’EP qu’ils ont enregistré avec lui au chant ayant indéniablement marqué les 4 musiciens. Le nouveau chanteur Greg Puciato a d’ailleurs une voix assez proche des voix de Patton sur Irony is a Dead Scene. On croit d’ailleurs parfois entendre Tomahawk ou Fantomas au détour d’une ligne vocale. Enfin c’est loin d’être un reproche, Patton étant quand même une très grande figure et de toutes façons, Puciato nous sort ici une vraie performance où il démontre l’étendue de ces cris et hurlements divers, ainsi qu’un chant mélodique éloquent, comme sur le génial interlude mélodique de « Baby’s Coffin ».

Comme il m’a fallu plusieurs écoutes pour apprécier « Baby’s Coffin », le morceau qui était sur la BO d’Underworld, tout l’album nécessite pas mal d’écoutes concentrées, car là est la richesse de cet album, chaque écoute est une découverte de nouveaux éléments, il y a tellement de contenu que l’ennui est impossible, les ambiances sont extrêmement variées d’un morceau à l’autre et surtout on arrive vraiment à se rattacher à des mélodies… même si on a toujours affaire à un des groupes les plus extrêmes de la planète. Leurs prestations scéniques survoltées sont là pour le rappeler, même si ils ont calmé le jeu sur certains passages, ils envoient toujours un son bien agressif et chaotique.

Ce qui est clair c’est que je préfère désormais écouter cet album à Calculating Infinity, moins chaotique, mieux produit (les sons se discernent mieux), moins brutal tout en étant plus psychopathe et schizophrénique, il est tout simplement plus varié. Là où il y a 5 ans, cet album avait fait figure d’ovni que seul une poignée de motivés avait apprécié à sa juste valeur, Miss Machine place le groupe comme une valeur incontournable et un de ces groupes qui font évoluer la musique. C’est clairement un album qui passera l’épreuve du temps. Décidément cette année 2004 nous réserve de très bonnes surprises!

  1. panasonic youth
  2. sunshine the werewolf
  3. highway robbery
  4. van damsel
  5. phone home
  6. we are the storm
  7. crutch field tongs
  8. setting fire to sleeping giants
  9. baby’s first coffin
  10. unretrofied
  11. the perfect design

Artistes / Groupes

Record Label

Genre selon le Chroniqueur

chaotic technical hardcore

Catégories

Famille/Genre

Tags Styles

jonben

jonben

Krakoukass et moi avons fondé Eklektik en 2004, peu après mon installation à Paris, à la suite de la disparition du webzine dont le forum avait été notre terrain d’échanges. Avec des parcours musicaux proches, entre rock et metal, nous partagions le goût de l’ouverture et de la découverte permanente de nouveaux sons. Au fil du temps, mes goûts se sont affinés : je m’intéresse surtout aux groupes et styles des années 90 à aujourd’hui, avec une touche de 70s. J’ai longtemps profité des concerts parisiens et des festivals européens, et j’ai également joué de la guitare plusieurs années au sein d’Abzalon. Mes terrains de prédilection restent le metal/hardcore, le death technique, le sludge/postcore et le rock/metal progressif, avec des escapades régulières du côté du jazz fusion et du funk.

684 articles publiés

6 commentaires

rOuLeNdEuCh

il y a 22 ans

bonne chronique mec!?!! DEP a effectivement évolué vers quelque chose de plus mainstream, formaté, mais ce groupe restera de toute manière inaccessible par toute cette génération tant sa musique est riche, chirurgicale et intelligente!! Attention, je ne veux surtout pas dire par là que ceux qui n’apprécie pas ce groupe sont des cons , mais il est vrai qu’il faut quand même avoir une bonne oreille musicale pour l’apprécier a sa juste valeur!!!! DEP c tout simplement du « bordel organisé ». Ces gars-là sont inhumains scéniquement et musicalement parlant!!!! Et ils peuvent se targuer d’étre les surdoués de leurs génération!!!! JAMAIS IMMITéS, jamais éGALés!!!!! lol

Krakoukass

il y a 22 ans

Il tue c’est vrai. Mais c’est quoi cette pochette merdique ??????

shub

il y a 22 ans

C’est le même dessinateur que pour l’album de prodigy he he?

shub

il y a 22 ans

C’est le même dessinateur que pour l’album de prodigy he he?

Reapie

il y a 22 ans

Très bon album que ce « Miss Machine », marquant une nette évolution par rapport au furieux « Calculating Infinity ». J’aurais davantage tendance à dire que les américains proposent quelque chose de plus nuancé, et certainement plus « emo » et influencé par Patton, plutôt que de considérer comme JonBen que DEP présentent ici une approche encore plus vaste dont les élans chaotiques ne constituent qu’une des multiples facettes, mais bon, ce n’est peut être qu’une question de formulation. :)
Concernant le pochette, je perçois ce choix comme un trip surréaliste à la Dali. En tout cas j’aime bien. Dommage par contre que le livret demeure un peu sommaire. Mais bon, je pinaille.
16/20

jo

il y a 20 ans

« Là où il y a 5 ans, Calculating Infinity avait fait figure d’ovni que seul une poignée de motivés avait apprécié à sa juste valeur, Miss Machine place le groupe comme une valeur incontournable et un de ces groupes qui font évoluer la musique. »

ah ouais ?..

Laisser un commentaire

Minimum 10 caractères. HTML basique autorisé.

* Champs obligatoires

Partager cet article