Nostromo – Bucephale

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Style: metal extrêmeAnnee de sortie: 2022Label: Hummus RecordsProducteur: Nostromo, Raphaël Bovey

Figure de la scène helvète de la fin 90’s/début 2000’s, Nostromo n’est plus à présenter avec ses emblématiques albums aujourd’hui cultes pour beaucoup d’amateurs de hardcore et metal. Malheureusement après un ambitieux Hysteron-Proteron (2004) où le groupe se réinterprétait en acoustique, Nostromo annonçait l’année suivante la fin de ses activités au grand désarroi des fans.

Pourtant, en 2016 dans le cadre du mariage de leur premier batteur, le groupe reprend vie et la flamme renaît aussi. Revenus sur scène en compagnie de gros groupes tels que Gojira ou sur des festivals (le Hellfest en tête), c’est comme si le groupe ne s’était jamais arrêté ! Un EP en 2019 (Narrenschiff) et nous voici trois ans plus tard avec un véritable album, vingt ans après l’inoubliable Ecce Lex. Sortant grâce à une campagne de financement participatif, Bucephale a généré plus d’argent qu’espéré, prouvant que les attentes du public étaient bien réelles. De quoi enthousiasmer le quartet genevois qui revient plus massif que jamais sur ces dix nouvelles compos !

Bucephale montre directement que l’âge n’affecte en rien les envies destructrices de Nostromo. Comme à ses débuts, son goût pour le chaos ne s’est pas atténué et il se voit là accompagné d’une production ultra imposante, sonnant tour à tour du côté de Meshuggah (« In Praise Of Betrayal » aux surpuissantes saccades) ou du post-metal/sludge rampant d’Amenra comme sur l’écrasant « κατάϐασις », où l’on retrouve d’ailleurs Treha Sektori en invité. Un autre invité se signalera un peu plus tard: Monkey 3 qui viendra apporter sa patte sur la conclusion instrumentale « Asato Ma », volumineux morceau à l’hypnotique progression prenant petit à petit des allures psychédéliques, mais venant calmer un peu les choses malgré sa densité.

Calmer les choses oui, car Nostromo a toujours les nerfs et nous brinquebale sur la plupart de ses morceaux entre ses nombreuses cassures rythmiques (toujours ultra carrées et techniques), son gros groove et son omniprésente violence. A l’image de Javier Varela, son chanteur toujours aussi charismatique et impressionnant qui prouve que quasiment trente ans après ses débuts, il est toujours là, éructant ses textes avec la même vigueur, quoiqu’un peu plus rauque qu’avant (ce qui obscurcit encore plus le climat général de Bucephale).

Bref, un nouvel album plus que convaincant de la part d’un des tout meilleurs groupes suisses, aussi frais qu’à ses débuts. Mêlant à sa sauce des éléments venant du hardcore, sludge, grindcore, black metal ou encore djent, le style de Nostromo a connu une légère évolution et gagné en poids et technique. Une énorme claque en guise de retour en fanfare, il n’y a plus qu’à espérer une tournée pour enfin se la prendre en live (en compagnie de quelques vieilleries si possible !).

  1. Ship Of Fools
  2. IED (Intermittent Explosive Disorder)
  3. In Praise Of Betrayal
  4. κατάϐασις
  5. A Sun Rising West
  6. Per Sona
  7. Lachon Hara
  8. Realm Of Mist
  9. Decimatio
  10. Asato Ma

beunz
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