Passage – Passage

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Style: doom lyriqueAnnee de sortie: 2005

Nous vivons une bien triste époque ! Les petits labels ferment les uns après les autres, laissant des groupes talenteux et reconnus comme Opeth ou Anathema à la rue. Parallèlement, de nouveaux groupes émergent, leur démo sous le bras, espérant gagner la confiance de maisons de disques de plus en plus frileuses. De temps en temps, grace au developpement des « home-studios », mais aussi bien sûr, au talent des musiciens, ces démos s’apparentent à de véritables albums d’un niveau égal (voir supérieur) à bon nombre de productions signées. Les deux canadiens de Passage appartiennent à cette dernière catégorie. A l’image de nos frenchies de Symbyosis, leur talent crève les yeux (ou plutôt les tympans) mais aucun label ne s’est pour l’instant « risqué » à les signer.

Avec cette démo (j’ai bien du mal à me résigner à la nommer ainsi), Passage frappe un grand coup. Et un coup en plein coeur pour toute personne qui en est naturellement dotée. Marchant sur les chemins d’un Anathema, d’un My Dying Bride ou d’un Paradise Lost, Passage impose d’emblée un chanteur d’exeption ! Un de ces chanteurs qui possèdent naturellement un don, qu’il aurait été impensable de ne pas faire partager. Lyrique sans être excessif, Sébastien Robitaille (Roby pour les intimes) ne s’interdit pas des passages plus rageurs qui ne sont pas sans rappeler les performances d’un certain Nick Holmes (d’où la référence pré-citée). Dans les parties mélodiques, la voix de Roby n’est jamais défaillante ; on se dit qu’à force de développer autant ce côté lyrique, ses corde vocales pourraient bien le lacher le temps d’un phrasé maladroit mais que nenni ! Le bonhomme fait ce qu’il veut et tout du long de ce « passage », la voix de Roby nous berce, nous émeut et peut par moment, selon votre sensibilité et au gré de ses subtils changements de timbre, provoquer un léger frisson ou carrément une bonne chair de poule.

Ce dernier sait aussi, à l’instar de Vincent Cavanagh, laisser le micro à une demoiselle le temps d’un « It’s gone too far » de toute beauté. La voix de la jeune femme apparait à mes yeux comme le pendant féminin de la voix de Sébastien Robitaille, c’est à dire sobre, chargée d’émotion et légèrement emprunte d’une touchante fragilité. Un casting de choix, assurément, même si rien ne nous indique que cette demoiselle sera à nouveau conviée à l’avenir. Raison de plus pour savourer.

Si je ne peux vous cacher plus longtemps que la voix est bel et bien le moteur de l’album, la partie instrumentale n’est pas en reste même si elle joue d’avantage le jeu de la sobriété et de l’économie plus que de la démonstration. Chose d’autant plus facile à gérer de la part d’un duo, où l’on ne se retrouve pas face à 5 musiciens voulant chacun faire l’étalage de leur talent et occasionnellement voir leur instrument mixé plus en avant que les petits camarades de jeu.
Non, ici la priorité est donnée aux compos et aux émotions, les nappes de synthé et les soli de guitares ayant pourtant maintes fois l’occasion d’avoir leurs moments de gloire.

Justement, concernant les compos : Point de faiblesse parmi les 8 titres qui composent l’album (d’une durée totale de presqu’une heure tout de même). Ceux-ci s’avèrent relativement variés, alternant des purs moments de mélancolie mais aussi des passages mid tempo, plus enlevés. Une alternance de rythmes, donc, savamment dosée et qui rend cet album accrocheur du début à la fin.

En ce qui concerne la répartition des tâches, Roby, en plus de la voix, assure la guitare et la basse. Si cette dernière se montre assez discrète, la première qui fait parfois jeu égal avec la voix de Roby, les deux s’entrelaçant, peut elle aussi se faire plus rugueuse quand le besoin se fait sentir. Souvent doomesque (particulièrement sur le sombre et long dernier titre au nom approprié de « Coma »), parfois heavy ou acoustique mais tout le temps mélodique.

Luc quant à lui, prend en charge la batterie mais surtout les claviers. Ceux-ci jouent en effet un rôle indispensable dans la création d’ambiances rêveuses ou aériennes, accentuant aussi par la même occasion les similitudes avec le Tiamat de « Wildhoney » ou « Deeper Kind of Slumber ». Bien entendu, comme pour les groupes cités en début de chronique, le groupe ne clone pas et même si ces références sont piochées dans le panthéon du gothic/doom, j’affirme sans réticence que Passage n’a absolument rien à envier à ces monstres sacrés. Ce qui rend la chose d’autant plus exceptionnelle vu qu’il s’agit là d’un premier essai pour les Quebecois.

Alors messieurs les dirigeants de label, plutôt que chercher à tout prix à signer une potentielle bombe métal-core ou la nouvelle sensation gothic-electro/indus-métal, ouvrez un peu vos oreilles et engouffrez vous dans ce Passage. Celà pourrait être beaucoup plus profitable à long terme. Je suis sûr qu’il y a tout un public qui attend cet album sans le savoir encore…

Téléchargez « A Death in Autumn ».

  1. perfect world
  2. no dawn again
  3. a death in autumn
  4. it’s gone too far
  5. the burden
  6. only pale souvenirs
  7. cast broken dream
  8. coma
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5 Commentaires

  1. Devin says:

    Enfoiros , un jour je l’aurai aussi ;)

  2. Monster says:

    Ah ouais le chanteur est vraiment très bon en effet !

    Comme tu parles de Symbyosis, tu sais pas ce ke le groupe devient ? Comment ils vont faire pour sortir leur album ?

  3. chan says:

    doom lyric?????

  4. Joss says:

    ba ouais moi j’appelle ça comme ça… mais bon, c’est juste une indication hein ?, il vaut mieux lire la chro pour se faire une idée du genre pratiqué par Passage ;-)

  5. Uriel says:

    Elle déboîte ta chronique Jossounet :-)
    Bravo, c’est complet, informatif et ça fait honneur à ce que le groupe réprésente.

    Sur l’album, on n’en dira jamais assez de bien. Sa sortie officielle risque de faire grand bruit dans les cercles dédiés. Et, effectivement, « Passage » va enchanter nombre de gens qui ne se doutent pas une seconde que, derrière leur dos, rôde un des gros chocs de leur existence ;-)

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