Depeche Mode – Playing the Angel
Chronique Pop Électronique

Depeche Mode – Playing the Angel

krakoukass
krakoukass
Auteur
18 octobre 2005
il y a 20 ans
8 commentaire s
2,893 vues
Année de sortie
2005
Note

Sombre… Décidément très sombre ce nouvel album de Depeche Mode. Et c’est un vrai bonheur de les voir revenir sur le devant de la scène, (longtemps qui plus est) après un Exciter en demi-teinte. Cette fois la qualité est au rendez-vous de cet album qui contient son lot de perles et qui voit revenir l’ami […]

Depeche Mode – Playing the Angel

Sombre… Décidément très sombre ce nouvel album de Depeche Mode. Et c’est un vrai bonheur de les voir revenir sur le devant de la scène, (longtemps qui plus est) après un Exciter en demi-teinte.

Cette fois la qualité est au rendez-vous de cet album qui contient son lot de perles et qui voit revenir l’ami Martin Gore avec un songwriting beaucoup plus affûté. Car comme toujours, c’est lui qui signe tous les titres de ce nouvel album de DM. Tous ? Non, en réalité, cet album marque l’arrivée de Dave Gahan à l’écriture, un Dave Gahan, qui, après la sortie de son album solo Paper Monsters, semble aujourd’hui suffisamment en confiance pour affronter la critique de son sbire et rival de toujours et lui soumettre des titres sortis de son giron.

Et le mélange fonctionne parfaitement puisque Gahan signe 3 titres d’excellent facture avec « Suffer Well », « I Want It All » et « Nothing’s Impossible » qui comptent de mon point de vue parmi les meilleurs titres de l’album et qui sont en outre en parfaite cohérence avec l’écriture très sombre de Gore.

Ce dernier nous propose de petits bijoux tels que « Precious », 1er single totalement imparable qui rejoint directement les meilleurs singles du groupe. De même pour ce « John The Revelator » qui évoque un peu « I Feel You » et qui se révèle vraiment addictif après quelques écoutes.

Je le disais, le ton de l’album est sombre, vraiment très sombre, j’en veux pour preuve des titres tels que l’instrumental « Introspectre » à vous glacer le sang, ou « The Sinner In Me » un titre magnifique, en forme de confession (« I’ll never be a saint »), de la part d’un Martin Gore en pleins déboires personnels. Ce dernier titre, comme d’autres d’ailleurs sur l’album, m’a fait penser à Massive Attack, pour cette ambiance pleine de noirceur, lente, rampante et synthétique qu’il distille formidablement. Les thèmes abordés par les titres ne prêtent d’ailleurs pas à rire mais sont plutôt conformes à cette noirceur, emprunts de gravité sincère : qu’ils traitent de la perte de ce qui nous est précieux (« Precious »), de repentance (« The Sinner in Me »), ou d’éternelle insatisfaction (« I Want It All »). Il n’y a guère que « Lilian » qui semble un peu plus « lumineux » dans sa tonalité, même s’il semble quand même traiter de déception sentimentale…

Comparativement à Exciter, le groupe semble être clairement revenu à un songwriting plus épuré, reposant davantage sur la musique, largement électronique comme autrefois, et beaucoup moins organique. Et le résultat s’avère payant, la preuve : il n’y a qu’un seul titre qui rappelle vraiment Exciter et qui aurait pu figurer sur cet album, et il s’avère qu’il s’agit du titre le plus faible des 12. « Macro » voit en effet Dave Gahan trop tirer sur sa voix et même si cette dernière est excellente, le fait de reposer la chanson sur son chant ne fonctionne pas tellement, car les arrangements sont là un peu trop simples.

Exception faite de ce titre, c’est en effet plus que jamais dans les arrangements musicaux, électroniques essentiellement, que le groupe est toujours aussi brillant, 25 après ses débuts. De même la paire Gahan/Gore fonctionne toujours aussi bien : Gahan mène la barque de sa voix puissante, tandis que Gore le double sur la plupart des titres pour appuyer certaines parties, ou prend le lead occasionnellement (seulement sur « Damaged People » en fait).

Playing The Angel est un très bon album, clairement meilleur que le précédent, un album qui s’inscrit parfaitement dans la carrière d’un groupe à part et auquel on ne reprochera qu’une 2ème partie un poil moins palpitante que la 1ère, ainsi que certains titres moins réussis et dispensables (« Macro », « Damaged People » ou encore « Lilian » un peu trop facile). Mais le bilan de ce cru 2005 est extrêmement positif et démontre que le groupe, et les individus qui le constituent, ont toujours des choses à dire.
Bravo messieurs.

  1. a pain that i’m used to
  2. john the revelator
  3. suffer well
  4. the sinner in me
  5. precious
  6. macro
  7. i want it all
  8. nothing’s impossible
  9. introspectre
  10. damaged people
  11. lilian
  12. the darkest star

Artistes / Groupes

Record Label

Genre selon le Chroniqueur

Pop électronique

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krakoukass

Krakoukass est cofondateur d’Eklektik Rock. Il s’est imposé comme l’une des plumes majeures du webzine depuis ses débuts en 2004, avec des goûts qui couvrent un large spectre allant de la Pop au Death Metal, en passant par le Black, le Neo ou l'Electro, sans oublier des incursions vers le Rock Alternatif, le Doom ou l'Indus. Fidèle aux scènes innovantes comme aux valeurs sûres, il a suivi de près la plupart des pointures du Rock et du Metal mais aussi énormément de groupes plus underground. Son regard critique s’attache autant à la créativité des formations émergentes qu’à l’évolution des grands noms des courants contemporains.

1354 articles publiés

8 commentaires

darkantisthene

il y a 20 ans

moins dance-floor qu’exciter et effectivement plus sombre, ce qui n’est pas pour me déplaire

dah-neir

il y a 20 ans

Excellent album. J’aime beaucoup

MOJCA

il y a 20 ans

yeah

Krakoukass

il y a 20 ans

Excellente analyse Mojca, je crois que là tout est dit… ;)

Neurotool

il y a 20 ans

Loin d’être un fan du groupe mais cet album est une vraie bonne surprise! Un album où l’électronique devient sombre et décadente.
Un coup de coeur de l’année pour moi.

Ross le rouge

il y a 20 ans

je suis fan du groupe,donc evidemment je trouve cette album tres bien,par contre je trouve une petite erreur dans la chronique,martin gore ne chante pas que sur un morceau mais deux puisque c’est lui qu’on enttend sur macro,j’ai une tres bonne oreille,je sais distinguer les deux voix,meilleur morceau pour moi,le dernier « the darkest star »

Agnes

il y a 19 ans

Voila un journaliste bien mal renseigné… Qu’il se rassure j’ai aussi surpris un article de ce genre dans la presse Anglo Saxonne qui disait que sur « Macro » Dave GAHAN avait une voix de « génisse blessée »….
Sauf que celui qui chante « Macro » ça n’est pas GAHAN mais…….GORE!
GAHAN n’a fait que les coeurs sur ce titre…. OUPS….

Dranyam

il y a 17 ans

Très bon album de DM, oscillant entre les titres tantôt accrocheurs et souvent réussis (les trois premiers titres, « Lilian », « Precious »), tantôt plus intimistes et sombres (le magnifique « I want it all », « The darkest star », « Damaged people »). Avec cet opus, DM nous a rassuré quant à son avnir musical après un « Exciter » très moyen.

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