C’est pas parce qu’on n’a rien a dire qu’il faut fermer sa gueule

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Annee de sortie: 2010

La fierté foudroyante qui m’a parcouru après le visionnage du film quand j’ai pensé que les américains avaient, eux, le pauvre et niais Ocean Eleven, Twelve, Thirteen.
Quelle puissance de feu, quelle bouse magnifique que ce « C’est pas parce qu’on a rien à dire qu’il faut se la fermer » adage que notre administrateur en chef pratique avec un certain brio et avec un certain sens de la jubilation presque viral et contagieux.
C’est bien simple imaginez un Terence Hill et Bud Spencer à la française, les distributions de claques en moins, en gros un film à l’humour gauche et navrant très typé « gag de la tarte à la crème » rappelant que les types qui sont derrière cette offrande odorante sont des ex du Splendide : Jugnot, Clavier, Lhermitte en tête nous livrant ce scénario d’une puissance herculéenne : Une bande de petits voyous (Lefebvre/Serrault) emmenés par « Fano » joué par Blier se préparent à faire un casse à la gare de l’Est. Fano, cerveau de la bande, a un plan : percer un des murs des chiottes publiques pour accéder à un coffre contenant 500 briques, le problème, parce que forcément il y en a un c’est qu’il va falloir faire ça en pleine journée donc ruser madame pipi pour qu’elle ne se rende compte de rien, bah oui faire un trou dans un mur ça fait du bruit…

 

Toute la franchouillardise, cette bonhomie toute beauf de l’entertainment trouve un véritable appel d’air lors de la mise en application du plan de Fano. Les zigs se déguisent pour aller aux chiottes et se relaient pour ne pas éveiller de soupçons et c’est un feu d’artifice de postiches, de costumes, d’accents ratés, et de grosses ficelles bien grasses, d’un autre temps, qui entretiennent le destin du film. Un nanar en puissance, exécuté comme on fait un jambon beurre au bistro du coin avec une fin magistrale comme on n’en voit plus. Quel plaisir de voir cette brochette d’acteurs grimés, mention spécial à Blier qui même s’il fournit un jeu d’acteur de film alimentaire est assez génial dans ce conte fluo du banditisme à la française et puis Serrault, Serrault qui gueule « Je vais le dire à Fano » avec ce ton de premier de la classe qu’il maitrise à la perfection m’ont achevé. Gros film de merde, mais merde très sympathique, petite merde de balcon je dirais même, une merde en hauteur qui ne se noie pas dans la masse informelle des bouses qui jonchent le sol quelques mètres plus bas, une merde en lévitation, juste au dessus de la vague, anecdotique, et pourtant on sait qu’on en gardera un bon souvenir…

Date de sortie : 22 Janvier 1975
Réalisé par Jacques Besnard
Avec Michel Serrault, Bernard Blier, Jean Lefebvre…
Film français.
Genre : Comédie
Durée : 1h 30min

 

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