La grande bouffe

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le bigorneau
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Auteur
15 mai 2013
il y a 13 ans
3,601 vues
Année de sortie
1973

Ce spectacle, peinture de la décadence du monde civilisé se laissant engloutir par les plaisirs charnels, permet à Marco Ferreri de dresser un portrait caricatural de l’homme moderne. C’est en effet sous les traits de pécheurs, immoralistes et libertins, qu’apparaissent les principaux protagonistes de cette métaphore. Plus encore, ce « vaudeville sulfureux » souille sans […]

La grande bouffe

Ce spectacle, peinture de la décadence du monde civilisé se laissant engloutir par les plaisirs charnels, permet à Marco Ferreri de dresser un portrait caricatural de l’homme moderne. C’est en effet sous les traits de pécheurs, immoralistes et libertins, qu’apparaissent les principaux protagonistes de cette métaphore. Plus encore, ce « vaudeville sulfureux » souille sans état d’âme les valeurs chères à l’occident en exhibant ces hommes aux mœurs légères qui ne témoignent d’aucun respect pour la monogamie ou encore la dignité humaine. Ainsi le personnage de Philippe (Philippe Noiret) reste inflexible. Malgré l’humeur scandaleusement libérée d’Andréa (Andréa Ferréol) il ne renoncera pas au mariage qu’il lui a promis. Le principal c’est le plaisir, rien d’autre n’a d’importance. C’est pourquoi les personnages affichent un comportement carpe diem exacerbé à l’outrance.

Par ailleurs l’œuvre est bâtie sur un parfait non-sens à l’image de cette autre citation de Philippe :
– Mange, sinon tu ne pourras pas mourir. Ce qui s’assimilerait comme étant une antinomie au vu des problèmes de sous-alimentation connus comme un véritable fléau dans le tiers-monde. C’est dans la joie qui transparaît sur les visages et dans les faits du groupe d’amis, réuni pour se donner la mort, que règne l’incohérence de cette fable.

Pour conclure, cette œuvre ne semble avoir qu’une finalité : Provoquer le croyant pour qu’il ne puisse plus détourner les yeux des démons qui le tourmentent. Et tant pis s’il faut se moquer des valeurs judéo-chrétiennes pour en révéler l’hypocrisie. « Mieux encore », ce film fait l’apologie du péché (gourmandise, luxure) et affiche un profond mépris à l’égard de la religion (le mariage auquel tient tant Philippe malgré l’adultère). Ferreri cherche donc à détruire à grand coup de burlesque les fondements de la religion catholique pour atteindre enfin la LIBERTÉ ! Car il ne faut pas en douter, la grande bouffe est une parodie habile de la Cène. Ferreri semble nous dire :
– Si j’avais été Jésus, aux portes de la mort, j’aurais aimé mourir par le péché !

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