Django Unchained

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Annee de sortie: 2013

Le nouveau Tarantino sera-t-il à la hauteur ? S’agit-il de son meilleur film ? De son œuvre de maturité ? Film après film, les questions restent les mêmes, tandis que le cinéphile boulimique américain élargit sa filmographie. Les fans du réalisateur sont rarement déçus. Et pour cause : burlesque, extravagante, violente et empreinte de références, la patte du cinéaste reste reconnaissable entre mille. Les aficionados y voient la création d’un véritable style, d’autres un condensé talentueux d’ingurgitations cinématographiques, les plus sceptiques critiquent celui qu’ils voient comme un usurpateur se contentant de pomper et de repomper les œuvres de ses maîtres. Et Django Unchained dans tout cela ? Il ne fera sans doute changer d’avis ni les uns, ni les autres…

Après s’être attaqué au film de guerre avec Inglorious Basterds, Tarantino revisite une nouvelle fois le film de genre. Au programme ? Le western spaghetti. Après les Kill Bill et Inglorious Bastards, le thème de la vengeance est une nouvelle fois à la base du scénario, même si la trame est cette fois beaucoup plus linéaire et plus classique que dans l’opus précédent du réalisateur. Ce qui n’est pas une surprise puisqu’elle rejoint ainsi la relative simplicité des aventures qui caractérisent généralement les westerns. Avec toutefois en toile de fond une période plus rarement abordée, du moins de manière aussi frontale : l’esclavagisme et le racisme précédant la Guerre de Sécession.

Sans surprise, la traque menée par les deux chasseurs de primes est sanglante, fulgurante et drôle. Les deux personnages principaux forment un couple décapant et improbable, magnifié par deux performances d’acteurs de très haut niveau. Christoph Waltz est parfait dans son rôle de dangereux chasseur de primes pince-sans-rire, tandis que Jamie Foxx endosse à merveille le costume du vengeur impitoyable. Mais c’est surtout Samuel L. Jackson, magistral dans son rôle de majordome diabolique, qui insuffle un regain de tension au film, alors que l’accumulation de répliques cinglantes et de fusillades comico-violentes commence à verser dans l’auto-complaisance. En effet, Tarantino ne s’embarrasse pas de fioritures. La formule, certes au point, est ressassée jusqu’à en devenir lassante. Au bout d’un certain temps, les fusillades récitées sur le même mode (l’ultraviolence et l’exagération comme moyens de faire naître le comique) commencent à devenir gênantes. Comme à son habitude, Tarantino s’amuse à jouer avec le cinéma, mais certaines lourdeurs le placent parfois dans le rôle d’un enfant gâté qui ne voit pas plus loin que son nombril. Le procédé comique est certes parfaitement maîtrisé, mais les fulgurances plus subtiles restent trop rares, ensevelies sous une masse de phrases chocs et de séquences maintes fois répétées.

La caricature et l’exagération sont certes propres au style, mais alors que Sergio Leone arrive à y intégrer un souffle épique et une véritable vision de l’Amérique, Tarantino se contente de nous servir une excellente comédie ayant revêtue les habits d’un western violent. Le divertissement est réussi, mais la fresque ratée, et Django Unchained peine à dépasser son formalisme assumé. Ce qui fait toute la différence entre un grand et un bon film.

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4 Commentaires

  1. joss says:

    Je suis globalement d’accord avec toi, notamment sur tous les bémols pointés du doigts. Je veut bien qu’on le défende en disant « Tarantino fait du Tarantino » mais autant ses films précédents avaient tous leur identité, autant là ça commence à sentir l’autoparodie. A force, on accueille vraiment les scènes violentes avec lassitude, ce qui est un comble finalement. Comparé à Inglourious Basterd, Django aligne nettement moins de scènes cultes. Une seule à mes yeux, celles du diner (magnifique Caprio) et qui, curieusement, suit le schéma de la scène de la taverne d’Inglourious. Et contrairement à toi, je n’ai pas aimé le rôle de Samuel L. Jackson, trop exagéré et sans finesse. Enfin bref, une déception même si j’avoue ne pas m’être ennuyé malgré la durée du film.

  2. hell says:

    Vous êtes déçus, mais il se tape quand même 4.6/5 sur allociné sur 7000 votes, ce qui est énorme, pour ceux qui y vont, sur le site. Pour moi vos coms ne représentent pas la qualité réelle du film, faut pas s’attendre à un truc hyper recherché niveau histoire et regarder la qualité où elle est, et pas chercher là où il ne faut pas, c’est à dire, regarder les prestas des acteurs, les scènes cultes, la dernière est énorme, une grande leçon de cinéma. C’est très très rare, une scène de ce niveau. Je trouve ça triste d’aller voir un putain de film, et de ne pas être content, c’est grâve. Du coup, le film qui se tape des scores énormes ailleurs est du niveau de Bilbo le Hobbit ici, c’est un peu n’importe quoi. C’est comme si on mettait un piège, et hop, on tombe dedans facilement, sans prendre de hauteur.

  3. Joss says:

    Donc on est censé avoir tous le même avis ? oui ce film récolte un énorme succès, oui les gens ont applaudit à la fin de la séance, et non je ne vais pas lui jeter des fleurs si mon avis est mitigé (je rappelle que je ne l’ai pas descendu non plus). On a le droit d’échanger des points de vue non ?

  4. Angrom angrom says:

    apparemment, non :)

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