Ex Drummer

3 Commentaires      2 377
Annee de sortie: 2007

La genèse des films cultes est souvent difficile. Ex Drummer n’échappe pas à la règle puisqu’il aura fallu près de 8 ans à Koen Mortier pour réaliser son premier long-métrage, et ce avec un budget microscopique. À l’origine, il y a ce roman homonyme publié par Herman Brusselmans, intitulé Ex Drummer. Celui-ci relate la (courte) existence d’un groupe de rock formé par trois handicapés-loseurs rejoints par un écrivain à succès. Rapidement, Koen Mortier plante le décor : hangars désaffectés, champs à l’abandon, voies ferrées désolées, appartements glauques… Avec sa réalisation épileptique, le réalisateur flamand capte rapidement l’attention du spectateur pour lui renvoyer en pleine face son tableau ultra-cynique de la misère sociale, sous fond de sex, drugs and rock’roll

Si le propos reste parfois flou et si le fond cède le pas à la forme, ce n’est que pour mieux capter la férocité de l’instant, développer l’aspect quasi-documentaire de cette plongée dans la déprime, souligner l’humour noir tirant sa quintessence de cet enchaînement de scènes cultes.  Avec ce groupe d’handicapés voué à ne jouer qu’un concert, le no future reprend son sens et le cinéma renoue avec l’esprit punk, revendiquant son mauvais goût et son urgence, accouchant également de fulgurances poétiques.

Petit frère dégénéré de Trainspotting et des Pusher avec qui il partage idées formelles et scénario sur fond de misère sociale, cousin lointain de C’est arrivé près de chez vous dont il surclasse le cynisme et l’humour noir, petit-fils des films gore auxquels il emprunte scènes trash et dialogues extrêmes : Ex drummer est une déflagration, un brûlot punk qui ne s’embarrasse de rien, ose tout. Et n’est pas loin d’envoyer ses frères, cousins et ancêtres cinématographiques aux oubliettes… En poussant plus loin le dégueulasse, la subversion, la provoc. En filmant le fond des bas-fonds, en mettant en scène des personnages hallucinés dans ce véritable volcan de morbide jubilatoire. En stylisant le propos, jouant avec la caméra et transperçant nos tympans avec une bande-son punk-rock-noise entrecoupée de quelques accalmies post-rock sous forme de déflagrations sonores jouissives. Oui, Koen Mortier repousse les limites de l’outrance, avec folie et talent. Avec également un certain romantisme qui parsème cet objet furieusement nihiliste et absurde, malsain et drôle, provocateur et virtuose. Jusqu’au boutiste. Bruyant. Simplement punk.

http://www.youtube.com/watch?v=D_nKkBaky0o

Up Next

Sur le même sujet

3 Commentaires

  1. jonben jonben says:

    « cousin lointain de C’est arrivé près de chez vous dont il surclasse le cynisme et l’humour noir ». J’ai du mal à imaginer comment mais si c’est le cas ça doit être quelque chose.

  2. carbonizedju says:

    En voyant la B.A. on se demande si c’est vraiment drôle et intéressant haha ?! Heureusement que tes écrits sont là !
    A voir !

  3. Anti says:

    3.7/5 pour 65 votes sur allociné, pas mal, mais pas culte non plus, c’est pas parce que c’est punk que c’est bien, la bande annonce est horrible de chez horrible, pas de quoi en faire un fromage.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *