SeeYouSpaceCowboy – Songs For The Firing Squad
Chronique Sass Grind

SeeYouSpaceCowboy – Songs For The Firing Squad

beunz
beunz
Auteur
1 mars 2019
il y a 7 ans
3,788 vues
Année de sortie
2019
Note

Faire du neuf avec du vieux semble être la tendance actuelle. SeeYouSpaceCowboy, aperçus auparavant sur démos ou sur split (avec SecondGradeKnifeFight), fait revivre aux nostalgiques de Myspace des émotions de l’époque avec leur autoproclamé « sass grind », c’est-à-dire un mélange bien énervé de screamo, de grind, de metalcore, de mathcore et de mèches lissées au babyliss.

SeeYouSpaceCowboy – Songs For The Firing Squad

Faire du neuf avec du vieux semble être la tendance actuelle. SeeYouSpaceCowboy, aperçus auparavant sur démos ou sur split (avec SecondGradeKnifeFight), fait revivre aux nostalgiques de Myspace des émotions de l’époque avec leur autoproclamé « sass grind », c’est-à-dire un mélange bien énervé de screamo, de grind, de metalcore, de mathcore et de mèches lissées au babyliss.

Pour schématiser grossièrement, la musique de SYSC est insaisissable, elle part dans tous les sens, accélère dans un tourbillon infernal, casse ses rythmiques puis y glisse quelques moshparts à l’ancienne, bref c’est un sacré bordel pour s’y retrouver ! Une vraie liberté de ton et une furie héritée de ces groupes de la fin des 90’s/début des 00’s, de quoi raviver des souvenirs de The Blood Brothers, Duck Duck Goose, The Locust, The Great Redneck Hope ou encore The Number Twelve Looks Like You.

Les deux premiers titres de Songs For The Firing Squad sont en fait les seuls titres inédits proposés par le groupe de Los Angeles, le reste ayant été repris de leurs EP/splits précédents. Soit, le titre d’ouverture « 911 Call: Help I’ve Overdosed On Philosophy! » est comme prévu une sacrée mandale prenant quand même un peu de temps pour s’installer, la joute vocale entre les deux vocalistes (dont une demoiselle qui chante/parle à moitié) est aussi impressionnante que la session rythmique qui semble vouloir aller le plus vite possible pour caler un maximum de plans, mais qui mettra de lourds breakdowns en final. Le second titre « Self Help Specialist Ends Own Life » poursuit avec un riff assez groovy et sautillant, la suite va se durcir entre moshparts et dissonances étourdissantes avec un feeling se rapprochant d’un vieux Fear Before The March Of Flames.

La suite est donc complètement folle, expédiée en onze autres titres (apparemment ré-enregistrés) tournant autour d’une minute trente. Les titres sont stupides, les structures volent toujours en éclat mais le groupe parvient à toujours insérer des trouvailles intéressantes permettant à l’auditeur de rester attentif à ce foisonnement de cris et de riffs barrés. Ainsi « Stop Calling Us Screamo » nous offrira du growl caverneux en première partie avant un break décousu, « You Can’t Get Goose Justice In Fox Court, Just Spit On The Judge » qui se scinde en deux parties distinctes (l’une à fond, l’autre plus mesurée avec du spoken word), le chant type « je chante dans un porte-voix » de « Soap Opera Stardom Is A Single Tear Drop Away », les claps-claps de « Pep Talk From A Nihilist » ou encore la seconde partie très mélodique (avec chœurs qui laisseront leur place à du bon gros growl sur la fin) de « Fashion Statements Of The Socially Aware ».

Un album furieux et déroutant – qu’on aurait jamais attendu chez Pure Noise – qui, à l’instar d’un Wristmeetrazor ou d’un NoiSays, se réapproprie un son typique d’une époque pour le (mal)mener à sa guise, avec la fraîcheur de leur jeunesse. Les amateurs de chaos et de crises d’épilepsie devraient être aux anges (et peut-être aussi ceux de Cowboy Bebop).

  1. 911 Call: « Help I’ve Overdosed On Philosophy! »
  2. Self Help Specialist Ends Own Life
  3. I Am Trans-Continental Railroad, Please Run A Train On Me
  4. Stop Calling Us Screamo
  5. You Don’t Understand The Liquor Is Calling The Shots Now Randy BoBandy
  6. You Can’t Get Goose On Justice In Fox Court, Just Spit On The Judge
  7. Atrocities From A Story Book Perspective
  8. An Introduction For People Who Hate Introductions
  9. Jimmy Buffett Doesn’t Even Surf
  10. Soap Opera Stardom Is A Single Tear Drop Away
  11. Pep Talk From A Nihilist
  12. Fashion Statements Of The Socially Aware
  13. Absolutely Absolute Absolution

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Beunz chronique sur Eklektik Rock depuis 2009. Amateur de sonorités extrêmes et abrasives, il s’est imposé comme l’une des plumes les plus prolifiques du webzine dans les registres Sludge, Black Metal, Hardcore Punk et Grindcore, tout en s’aventurant volontiers vers le Shoegaze, le Mathcore ou le Post-Rock. Son intérêt constant pour les scènes underground l’a amené à suivre de près des groupes locaux comme internationaux, qu’il met en avant avec un mélange de passion et d’exigence critique.

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