Genghis Tron – Dream Weapon

1 Commentaire      233
Style: Space Rock SynthétiqueAnnee de sortie: 2021Label: Relapse

Qui attendait encore Genghis Tron ? Rien n’aurait en effet pu augurer il y a encore quelques années du retour inespéré du groupe américain, en sommeil profond depuis 2010 soit peu de temps après la sortie du pourtant monumental Board Up the House (accessoirement rien de moins qu’un des meilleurs albums de l’année 2008) et des prestations scéniques mémorables. C’est pourtant en août 2020 qu’un message sur Facebook annonçait le réveil du groupe, et la concrétisation discographique de ce retour, ce Dream Weapon, est enfin entre nos mains et nos oreilles en ce début d’année 2021.

En 10 ans, beaucoup de choses ont évidemment changé, à commencer par le line-up du groupe, puisque Mookie Singerman, chanteur/hurleur sur l’opus de 2008, n’a pas souhaité remettre le couvert avec ses anciens camarades, le claviériste Michael Sochynsky et le guitariste Hamilton Jordan, accompagnés pour la première fois d’un vrai batteur (Nick Yacyshyn). Exit Mookie donc, enter Tony Wolski qui n’est autre qu’un des membres du collectif de fêlés The Armed qui dépoussièrent et mettent la misère à la pop (et dont mon camarade Beunz ne tardera pas à vous parler dans la chronique du nouvel album Ultrapop).

Et ce changement de chanteur est immédiatement repérable sur ce cru 2021, puisque le registre vocal naguère majoritairement hurlé, est ici à l’inverse à 98% chanté en voix claire (quelques rares cris étant audibles d’abord sur « Dream Weapon » puis un peu plus loin sur « Ritual Circle »). La voix de Wolski se veut plutôt distante, voire évanescente (certains diront terne), collant au final étonnamment bien avec la musique de Genghis Tron, au sein de laquelle les velléités grind appartiennent également au passé. Le groupe se concentre en effet sur son metal synthétique dans des développements plus longs, presque post-rock voire space rock, où clavier et batterie se taillent la part du lion, la guitare étant plutôt en arrière plan sauf lorsqu’il s’agit de souligner des explosions presque à l’ancienne (« Dream Weapon » qui envoie quand même bien la purée) voire sur des climax mettant en scène d’habiles césures au sein de titres fleuves comme sur « Ritual Circle » et ses plus de 10 minutes, ou encore sur le final « Great Mother », autre moment de bravoure sinueux de près de 9 minutes.

Ceux qui espéraient retrouver les explosions de rage grindcore typiques du groupe sur Board up the House et avant seront donc probablement fort désappointés voire désorientés de prime abord. Pourtant et bien que le nouveau batteur au jeu musclé apporte une nouvelle dynamique et une énergie par ailleurs franchement bienvenues, on reconnaît immédiatement les sonorités synthétiques de Sochynsky juste que dans son « son » d’ailleurs, qui m’évoquait par le passé les travaux les plus mélodiques d’un Aphex Twin (en voilà d’ailleurs un dont on n’entend plus beaucoup parler). « Single Black Point » pourrait par exemple tout à fait sembler revenu en DeLorean d’une session studio de 2008, lorsque le groupe calmait le jeu entre deux impitoyables assauts sur son magnum opus.

On se sent donc finalement rapidement comme à la maison à l’écoute de Dream Weapon qui peut de prime abord laisser une étrange sensation de monotonie aux premières écoutes (même si « Pyrocene » pour ne citer que lui, sort immédiatement du lot), pour finalement mieux se révéler, l’addiction venant, comme l’insolente réussite qu’il est une nouvelle fois.

A part râler que ce nouvel album, après les 13 ans qui le séparent du précédent, ne nous régale finalement que de 8 nouveaux titres (pour 45 minutes de musique tout de même), on aura donc du mal à trouver quoi que ce soit de plus à redire ou qui puisse justifier de passer à côté de cette sortie majeure de 2021.

Tracklist :
01 – Exit Perfect Mind
02 – Pyrocene
03 – Dream Weapon
04 – Desert Stairs
05 – Alone in the Heart of the Light
06 – Ritual Circle
07 – Single Black Point
08 – Great Mother

krakoukass

Chroniqueur

krakoukass

Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben.

krakoukass a écrit 1001 articles sur Eklektik.

Up Next

Du meme groupe

Groupes cités dans la chronique

Commentaire

  1. beunz beunz says:

    Grosse déception pour moi. J’ai eu beau essayer, j’accroche pas…

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *