Cela faisait un petit moment qu’on n’avait pas parlé du collectif protéiforme originaire de Detroit, le groupe ayant encore connu une importante valse de membres avant cet album est surtout revenu suite au très discutable Perfect Saviors (2023). Une absence dans nos pages tant la déception avait été forte, le groupe y ayant décidé de virer quasi intégralement le côté hardcore de leur musique au profit d’une sorte de space pop planante mais bruyante (pour schématiser grossièrement). Si beaucoup d’auditeurs semblent avoir été conquis (à en juger par les commentaires de leur page Bandcamp), j’ai, pour ma part, été peu convaincu, d’où la forte hésitation et le temps mis avant d’aller tenter son successeur !
Et bien mal m’en a pris ! Rendons lui justice alors aujourd’hui ! Ce nouvel album a donc débarqué il y a quelques mois avec de bien meilleures intentions visibles dès l’entame « Well Made Play » tout en cris et en chaos (avec saxo fou, qui reviendra à plusieurs reprises) mais plaçant toujours quelques zones plus mélodiques dans le fond. Une entame plus que réjouissante, ça c’est The Armed ! Noisy, foutraque, plein d’énergie, la suite va aller dans les mêmes contrées, mixant leurs nerfs avec cet aspect hyperpop (ou plutôt ultrapop) qui va vite se révéler irrésistible (l’enchainement « Purity Drag »/ »Kingbreaker »).
La chanteuse Cara Koti reprend aussi les devants en comparaison avec l’album précédent, hurlant comme une furie sur « Grace Obscure » ou amenant une nouvelle sensualité sur le hit « Sharp Teeth » (sonnant comme The Cardigans qui part en cacahuète), elle intervient plus souvent avec emphase et marque réellement l’identité profonde du groupe.
Les idées foisonnent toujours autant chez The Armed, passant d’un « Broken Mirror » (feat. Prostitute) aux effets drone irritants à des couplets façon Queens Of The Stone Age (« I Steal What I Want ») en passant par une sorte d’electro éthérée sur « Heathen », seul vrai moment calme de l’album (enfin calme mais tout de même saturé).
Terminant par un furieux « A More Perfect Design », mur de bruits et de cris, on ne peut qu’être ravi du retour de The Armed aux affaires dans ce modèle déposé de radicalité et de folie (à situer quelque part entre Only Love et Ultrapop). La destruction de tout a bien eu lieu, vivement le futur !
The Armed
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