The Armed – Ultrapop
Chronique du Moment Noisy Chaotico Punk Pop

The Armed – Ultrapop

beunz
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Auteur
1 mai 2021
il y a 5 ans
4,031 vues
Année de sortie
2021
Note

Teasé depuis plusieurs mois, attendu comme le messie pour beaucoup (j’avoue que moi aussi après un live incroyable en 2019), le voilà enfin, le nouvel album de The Armed ! Devenu une véritable curiosité suite à l’incroyable Untitled (2015), le collectif de Detroit a ensuite brouillé les pistes avec le non moins délicieux Only Love […]

The Armed – Ultrapop

Teasé depuis plusieurs mois, attendu comme le messie pour beaucoup (j’avoue que moi aussi après un live incroyable en 2019), le voilà enfin, le nouvel album de The Armed ! Devenu une véritable curiosité suite à l’incroyable Untitled (2015), le collectif de Detroit a ensuite brouillé les pistes avec le non moins délicieux Only Love (2018), tant sur le plan sonore que visuel en passant par le personnel engagé dans l’histoire (où à part la chanteuse et son imposant chanteur à cheveux longs, on comptera le guitariste de Metz ou le nouveau chanteur de Genghis Tron parmi un gars bodybuildé et plein d’autres gens). Avec Ultrapop, The Armed arrive à une nouvelle étape de son concept, trainant derrière lui un nombre de plus en plus grandissant de membres, d’adeptes, fort d’une nouvelle signature sur le bankable Sargent House (Chelsea Wolfe, Brutus, Lingua Ignota…). Une démarche ambitieuse et iconoclaste matérialisée sur ce quatrième long-format, poussant dans ses retranchements les plus extrêmes ses deux facettes distinctes: de la pop et du bruit, l’Ultrapop.

L’aspect chaotique a beau être toujours là, celui-ci est coulé dans un moule ultra noisy, exagérément saturé de tous les côtés. Comme sur Only Love, The Armed « nous challenge » à endurer ce son si particulier, somme de tous les potards (d’amplis, de synthés comme d’effets) poussés à fond, créant cette onde étouffante qui désoriente de prime abord tant on a l’impression d’entendre une véritable bouillie sonore ! Un parti pris provocateur qui est là pour jouer avec les nerfs de l’auditeur, qui aura besoin d’un temps d’adaptation pour comprendre et encaisser certains titres où cris et rythmiques apparaissent comme fondus dans un conglomérat ultra agressif (« Masunaga Vapors », « Faith In Medication », mais paradoxalement très accrocheurs), aussi quand Cara vient ajouter ses cris hystériques (« Real Folk Blues », quasi incompréhensible à la première écoute).

Une adaptation à cet environnement distordu qui se fera finalement assez naturellement si vous avez apprécié Only Love, et surtout si vous écoutez la version vinyle de l’album (de nombreux éléments y devenant plus lisibles). On retrouve cet aspect (ultra)pop via de véritables hits en puissance tels l’euphorique « All Futures », « An Iteration » ou encore « Bad Selection » où de franches mélodies totalement fédératrices s’extraient de cet étourdissant voile sonore quasi permanent. Quant à la présence sur « The Music Becomes A Skull » du très demandé Mark Lanegan (Screaming Trees, Queens Of The Stone Age…) qui a aussi récemment officié chez Hey Colossus et Cult Of Luna, celle-ci se révèlera un peu anecdotique, sa voix étant noyée sous les effets pour un final un peu décevant après l’énorme tornade la précédant, ce malgré la bonne idée de revenir sur le thème de l’intro.

Malgré ce final en demi-teinte, The Armed apparaît ici au sommet de son art, électrisant et hypnotisant dans cette atmosphère vaporeuse éreintante telle une marque déposée. Sous ses airs foutraques de collectif cherchant juste à mettre le bordel, tout est minutieusement organisé chez le gang de Detroit, les quintuples couches de textures à leurs compos comme le soin apporté aux visuels (les clips et les artworks étant à nouveau très intrigants), toujours le personnage-mascotte de Dan Greene comme figure centrale de tout un concept (il apparaît même sur l’édition limitée du vinyle) ainsi qu’une communication cryptique avec de surprenantes apparitions de leur logo au milieu des billboards de Time Square et dans beaucoup d’autres villes. Et que dire de ces nombreux et mystérieux messages codés permettant de trouver des contenus cachés ça et là sur internet ! Ultrapop va sûrement continuer à en décontenancer beaucoup, mais tout est là pour entretenir le culte du « Earth’s Greatest Band » !

REFRACT.

  1. Ultrapop
  2. All Futures
  3. Masunaga Vapors
  4. A Life So Wonderful
  5. An Iteration
  6. Big Shell
  7. Average Death
  8. Faith In Medication
  9. Where Man Knows Want
  10. Real Folk Blues
  11. Bad Selection
  12. The Music Becomes A Skull

Artistes / Groupes

Record Label

Genre selon le Chroniqueur

noisy chaotico punk pop

Famille/Genre

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Beunz chronique sur Eklektik Rock depuis 2009. Amateur de sonorités extrêmes et abrasives, il s’est imposé comme l’une des plumes les plus prolifiques du webzine dans les registres Sludge, Black Metal, Hardcore Punk et Grindcore, tout en s’aventurant volontiers vers le Shoegaze, le Mathcore ou le Post-Rock. Son intérêt constant pour les scènes underground l’a amené à suivre de près des groupes locaux comme internationaux, qu’il met en avant avec un mélange de passion et d’exigence critique.

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