J’ai longtemps hésité à publier cette chronique, prête pourtant de longue date. En effet ce n’est pas dans les habitudes de la maison de chroniquer des albums pour les dézinguer et je m’inquiétais qu’on puisse prendre ces quelques lignes pour une attaque gratuite.
Mais concernant 6:33, je pense que ma chronique du précédent album du groupe m’aura permis de démontrer que je n’ai aucune animosité à l’égard de tout ce qui se rapporte à la fusion bizarroïde qu’on catalogue désormais sous le titre de nawak metal, même si ce n’est pas mon genre de prédilection. J’avais même en effet été particulièrement conquis par le précédent méfait des français. Voilà pourquoi j’étais assez impatient de pouvoir entendre le nouvel album de nos compatriotes fêlés, surtout qu’il nous arrive habillé d’une pochette bien chouette, avec sa tonalité très synthwave. Et voilà sans doute pourquoi la déception est à la hauteur de l’attente…
Car comme vous l’aurez probablement déjà constaté en regardant le picto en haut à droite, la recette 6:33 n’a pas fonctionné du tout pour moi cette fois. Mais alors pas du tout, du tout…
Cet album m’a même exaspéré dès son entame, et pendant toute sa durée, malgré une formule conforme au style du groupe. Mais il y avait à mon sens un petit côté sombre et décalé façon Tim Burton sur l’excellent Deadly Scenes (cf « The Walking Fed » par exemple ou l’intro de « I’m a Nerd », ou encore les claviers façon orgue qu’on retrouvait sur plusieurs morceaux) que je n’ai à mon grand regret jamais retrouvé ici où le ton est beaucoup plus guilleret. La thématique 80’s assumée (et très dans l’air du temps), fait que tout apparaît sur ce nouvel album sucré, joyeux, funky, dansant. Rien de répréhensible en soi évidemment et le groupe a évidemment le droit d’évoluer vers quelque chose d’un peu différent (et d’essayer de se distancer par la même occasion des influences de Patton ou de Devin Townsend), malheureusement encore faut-il proposer des passages accrochant l’oreille et donnant envie d’y revenir ce qui n’a jamais été le cas pour moi sur l’ensemble des titres de ce nouvel album. Aucun titre n’arrive par exemple à mon sens à la cheville d’un « Ego Fandango » pour ne citer que cet exemple de pépite qu’on trouvait sur Deadly Scenes.
Le chant est partagé entre Rorschach et Béné (le « chant féminin discret » que j’évoquais dans ma chronique du précédent album) avec une nette montée en importance et en présence de cette dernière. Ce qui encore une fois ne serait pas du tout un problème si cela servait des morceaux intéressants. Le chant sur « Hot Damn Chicas » est un bon exemple de ce partage, sauf que Rorschach, qui en avait peut-être assez qu’on le compare à Mike Patton, choisit sur ce titre un registre assez pénible associé à un saxo funky qui personnellement me donne la chair de poule. Vraiment horrible ce titre. Comme peut l’être un peu plus loin dans la tracklist le disco/funky « Flesh Cemetery ».
Et qu’on soit clairs, les synthés et autres boîtes à rythme qui sonnent très vintage / années 80 et qui sont très présents sur ce nouvel album, ne me font dans l’absolu pas peur et ne sont pas du tout la cause de mon désamour pour ce disque : on est simplement à mon avis face à des compositions très faibles et dans lesquelles j’ai honnêtement beaucoup de mal à trouver quelque chose à sauver.
Un titre comme « Party Inc. » semble par exemple n’avoir ni queue ni tête, aucune logique ou accroche, juste un bordel assez pénible qui se termine d’ailleurs en fade out comme si le groupe reconnaissait son incapacité à conclure le morceau qui était de toute façon bien mal emmanché. « Prime Focus » se termine plutôt bien mais il faut se taper sur un titre de 6 minutes, une intro interminable de près de 2 minutes très musique de film en mode Danny Elfman (en tout cas dans sa période Tim Burton, car si vous écoutez son album sorti il y a peu, vous serez sans doute plutôt surpris du changement de ton… Mais je digresse) sans le moindre rapport apparent avec la suite.
En clair et pour faire simple on (en tout cas je) s’emmerde incroyablement à l’écoute de ce Feary Tales incroyablement pénible. Et pour être honnête, m’infliger les multiples écoutes qu’il a fallu pour être en mesure de chroniquer cet album fut un supplice que je n’ai pas du tout envie de réitérer. Au risque de paraître aigri ou même cassant, je dois pourtant dire que j’ai rarement été aussi déçu et ennuyé par un album depuis longtemps. Mais peut-être y trouverez vous votre compte qui sait?
Tracklist :
01 – Wacky Worms
02 – Holy Golden Boner
03 – Prime Focus
04 – Party Inc.
05 – Hot Damn Chicas
06 – Rabbit in the Hat
07 – Release the He-Shes
08 – Downtown Flavour
09 – Flesh Cemetery
10 – Act Like an Animal
11 – Hangover
6:33
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